06.07.15 

Jour 11

Waterhole Building (Construction d'un point d'eau)

Ce matin, nous sommes de retour au waterhole, pour continuer à creuser la tranchée qu’on a commencée quelques jours plus tôt. Aujourd’hui, il fait très froid, nous sommes presque contents de commencer à piocher…En un rien de temps, toutes les polaires ont été jetées sur le côté et tout le monde est en T-shirt. Nous continuons notre travail toute la matinée puis terminons avec un concours de crachats de crottes d’impalas…Je perds (je ne suis vraiment pas douée pour cracher loin !), je vais être chargée de préparer les thés de toute l’équipe en rentrant (bon ça va, j’aurai pu avoir un gage bien pire je pense !) !

Boabab Census (Recensement de Baobabs)

Voilà une activité qui semble plutôt originale !

Munis d’une feuille et d’un crayon, nous partons à la recherche des baobabs pour les répertorier (l’avantage, par rapport aux animaux, c’est que les baobabs ne bougent pas trop et du fait de leur immense taille, ils sont facilement repérables !). 

 

 

 

 

Les baobabs sont des arbres immenses pouvant vivre communément plusieurs milliers d’années et jouant un rôle primordial dans le paysage africain. Les baobabs font partie d’une famille particulière qui a un fonctionnement physiologique proche de celui des cactus. De ce fait, le baobab est capable de stocker de très grandes quantités d’eau et de minéraux dans son tronc et son écorce. En saison sèche, les éléphants raclent le tronc des baobabs avec leurs défenses pour en extraire l’écorce humide, gorgée d’eau et de minéraux, qu’ils mâchent et avalent même. Les baobabs subissent donc de sévères dommages lorsque des dizaines d’éléphants viennent racler son écorce pour se procurer un maximum d’eau en saison sèche puisque cette ressource vient souvent à manquer dans les bassins. 

Dommages infligés par les éléphants sur un baobab (que nous avons nommé Frankenstein)

 

 

 

 

 

 

Cette interaction baobab/éléphant est naturelle, et l’écorce du baobab peut se régénérer partiellement si les dommages ne sont pas trop importants. En effet, on peut voir de l’écorce neuve produite par l’arbre qui « coule » comme un liquide pâteux depuis le sommet du baobab et vient recouvrir les zones endommagées (on comprend mieux le processus quand on voit la photo ci-contre).

Nouvelle écorce recouvrant les "plaies de l'arbre"

 

 

 

Le problème à Kwa Tuli est que, du fait de l’approvisionnement artificiel en eau des réservoirs, un très grand nombre d’éléphants affluent dans la réserve, plus que la réserve n’en attirerait sans ces réservoirs artificiels. De ce fait, les baobabs subissent plus de dommages du fait de cette grande affluence d’éléphants. Le but du Boabab Census est de répertorier l’ensemble des baobabs du territoire et d’examiner leur « état de santé ». Si certains commencent à être trop abîmés, les directeurs du parc pourront décider de les protéger artificiellement, en disposant par exemple de gros rochers aux pieds des baobabs pour empêcher  les éléphants d’y accéder. La conservation des baobabs est essentielle aussi bien au niveau fonctionnel que purement esthétique car ces arbres sont emblématiques de la région et sont réellement magnifiques à regarder.

 

 

 

Comment procède-t-on au recensement d’un baobab ?

Nous nous arrêtons devant un premier baobab et commençons à lui créer une fiche, comme pour l’Elephant ID. Il faut d’abord prendre les coordonnées GPS de l’emplacement de l’arbre, préciser le type de sol sur lequel il pousse, le niveau d’accessibilité pour les éléphants (facile, moyen ou difficile). A l’aide d’un long mètre, nous mesurons ensuite la circonférence du tronc puis à l’aide d’un petit appareil nous pouvons également estimer la hauteur de l’arbre. Vient ensuite la partie la plus importante, estimer le degré d’endommagement du baobab (il y a plusieurs catégories parmi lesquelles on doit cocher, par exemple, artificiellement endommagé, profondément endommagé,…)

Comme on peut le voir sur ce premier baobab, les dommages causés par les éléphants peuvent être assez importants mais pour autant, l’arbre ne meure pas.

 


 

Après avoir fait tous les relevés nécessaires, il ne manque plus qu’une étape pour compléter la fiche de recensement : trouver un nom a baobab (si si, les baobabs sont des êtres vivants et ils ont donc le droit à un nom !). Mes coéquipiers très inspirés choisissent le nom de Frankenstein pour le premier baobab que nous recensons.

Nous continuons notre recensement et nommons trois autres baobabs : Reginald, Luigi et Deen.

Lorsqu’ils deviennent très vieux, certains troncs de baobabs se creusent: on peut alors entrer à l’intérieur (nous sommes entrés à 7 personnes à l’intérieur de Reginald et il y avait encore de la place, les baobabs sont vraiment immenses !)

Sur le chemin du retour, nous croisons une maman éléphant et son petit encore très jeune. C’est assez étrange car ils sont seuls alors que toutes les mères ayant un petit vivent normalement au sein d’un troupeau, notamment pour procurer une certaine sécurité à leurs petits qui sont très vulnérables et peuvent constituer des proies faciles pour le prédateurs. 

Nous croisons plus loin des oréotragues ainsi que des impalas.

Nous rentrons tranquillement au camp alors que le soleil se couche au-dessus des baobabs, teintant de rouge l’horizon. 

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