13.07.13 

Jour 2

PHNOM PENH (suite)

Musée National

Nous nous rendons à présent au Musée National fondé par Georges Groslier à l’architecture typiquement khmère que nous trouvons très beau. Une cambodgienne d’une trentaine d’années peut-être (on a beaucoup de mal à estimer l’âge des cambodgiens, ils ont l’air de vieillir beaucoup moins vite que nous !) nous fait la visite.

Nous découvrons dans ce musée une belle collection de statues retraçant l’évolution de l’art khmère. On y trouve des statues des trois dieux de la Trinité Hindoue, Shiva reconnaissable à son troisième œil, Vishnou avec ses bras multiples, et Brahma avec ses quatre têtes. On peut aussi y voir un Harihara,  c’est-à-dire une statue synthétique entre Shiva et Vishnou. Les dieux sont aussi représentés en compagnie de leur monture respective que l’on appelle vahana.  

Jayavarman VII, le roi préféré des cambodgiens

Une des statues les plus intéressantes est celle du roi Jayavarman VII en posture méditative, tête inclinée. Cette posture n’est pas due au hasard : Jayavarman VII est le roi qui a décrété le bouddhisme comme religion officielle du Cambodge pour la première fois de son histoire (avant le Cambodge avait toujours été officiellement hindouiste). La posture méditative est donc un symbole de cette réforme religieuse d’une importance primordiale. En effet, les Cambodgiens  sont aujourd’hui majoritairement bouddhistes, et Jayavarman VII reste logiquement le roi angkorien « préféré » des Khmers actuels. 

Les Pagnes

En parcourant le musée, on peut aussi voir l’évolution des pagnes portés par les Khmers :

D’ailleurs, les pagnes ont une fonction autre que décorative : en effet, de nombreuses statues tiennent debout grâce à la « queue » du pagne, comme par exemple la statue représentant un combat entre les deux singes frères Surgriva et Valin (scène du Râmâyana). En effet, la « queue » du pagne descend jusqu’au sol et assure un certain maintien à la statue.

Anecdote amusante, toutes les statues de femmes sont représentés seins nus à première vue mais en fait, elles portent un « haut transparent » ! En effet, si on se rapproche, on peut voir les plis de ce haut transparent sur le buste des femmes !

Le Lingam, un objet hautement symbolique

Voici la représentation d’un lingam dont j’ai trouvé la symbolique assez intéressante :

La « boîte à cadavre »

Plus tard, nous nous sommes arrêtés devant une sorte de boite en forme de tube, dont je ne saurais dire le nom mais dont la fonction est plutôt intéressante. Dans la culture khmère, on a toujours pratiqué la crémation des corps, encore aujourd’hui. A l’époque angkorienne, lorsqu’un roi mourait, avant de brûler son corps, on mettait le cadavre dans cette espèce de boîte en tube. Elle est faite de telle manière que le mort se retrouve en position agenouillée. C’est une position symbolique de prière. Après une centaine de jours, on procédait finalement à l’incinération du corps. Cette procédure avait aussi un autre avantage : en effet, cela laissait le temps à tous les proches du défunt qui habitaient dans les campagnes (le trajet pouvait être très long au vu de la nature assez hostile du Cambodge et de l’étendue du Royaume Khmer à cette époque) de venir et de pouvoir prier une dernière fois sur le corps du défunt avant son incinération. De plus, le jour de la crémation, tous les invités de l’enterrement pouvait être ainsi réunis. 

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