13.07.13 

Jour 2

PHNOM PENH (suite)

Musée Tuol Sleng

En 1975, les impitoyables Khmers Rouges dirigés par Pol Pot prennent le pouvoir au Cambodge, marquant le début d’une des périodes les plus noires de l’histoire cambodgienne.
La prison S-21 à Phnom Penh fut le théâtre des pires monstruosités perpétuées par la Khmers Rouges.  Lors de leur prise de pouvoir, les Khmers Rouges s’emparèrent du Lycée Tuol Svey Prey à Phnom Penh, capitale du pays, et en firent une prison. Aujourd’hui transformée en musée, cette prison vit agoniser des milliers de khmers, on estime à 20 000 le nombre de civils qui y auraient trouvé la mort. Kang Kek Ieu  aussi appelé Duch, condamné pour crime contre l’humanité,  fut le directeur à la cruauté sans limite de cette prison.

 


Des conditions de détention terribles…

Dans le bâtiment A, des anciennes salles de classes ont été converties en salle de torture. On peut encore y voir aujourd’hui les lits de fer des prisonniers et des photos de prisonniers agonisant sont accrochées au mur.
Dans le bâtiment B, C, D le rez-de-chaussée fut divisée en minuscules cellules individuelles en bois ou en briques dans lesquelles les prisonniers étaient attachés par des chaînes au sol, privés de toute lumière. Le première étage étaient subdivisé en grande cellules communes où l’on entassait les prisonniers (jusqu’à 36 voire plus des fois). Ils étaient attachés par les bras au sol, en position allongée. On peut encore voir au mur les numéros des emplacements des prisonniers.

 

 

 

Tous les bâtiments étaient pourvus de terrasse mais, pour éviter tout suicide, les dirigeants de la prison avaient pris soin d’y disposer des barbelés. 
Aujourd’hui, certaines salles sont restées telles quelles, pour donner une idée des conditions dans lesquelles les prisonniers vivaient, d’autres ont été reconverties en salle d’exposition. 

La cruauté incroyable des geôliers

Les gérants de la prison consignaient dans des cahiers les registres de tous les prisonniers et les types de tortures infligées. Ils prirent également des photos de chacun des prisonniers qui entrait à Tuol Sleng, des tortures et des morts…. Le musée Tuol Sleng rend hommage aux victimes de ce génocide en affichant ces terribles photos qui se comptent par milliers montrant hommes, femmes, enfants torturés jusqu’à la mort. 

On peut aussi y lire des cahiers de confessions forcées des prisonniers qui, sous la torture, avouaient des crimes qu’ils n’avaient pas commis. La cruauté des Khmers Rouges n’avaient en effet aucune limite puisque même des enfants en très bas âge, à peine âgés de 3-4 ans étaient torturés et tués.

Les tortures infligées dans la prison

Les Khmers Rouges ont été très « imaginatifs » en ce qui concerne les tortures, en voici quelques exemples :

Les prisonniers étaient couchés sur cette table de bois, pieds et mains attachés. Un geôlier coupait les tétons de l’homme ou de la femme tandis qu’un autre y insérait des insectes.

Le prisonnier était pendu par les pieds dans bac d’eau, à la limite de la noyade.

 

 


                 La Potence

Ces poteaux auparavant munis de corde étaient au départ dédiés aux activités sportives scolaires (les élèves de l’école de Tuol Sleng devaient grimper à la corde). Les dirigeants  Khmers Rouges qui se sont emparés du lycée n’ont eu aucun mal à le transformer en outil de torture.  Les gardiens de la prison attachaient les mains des prisonniers derrière leur dos et les pendaient à une poutre. Ils tiraient ensuite sur la corde à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’ils aient perdus connaissance, puis, pour leur refaire reprendre conscience,  les gardiens plongeaient la tête des prisonniers dans un tonneau rempli d’eau puante qui servait d’engrais pour les plantes. Une fois que les suppliciés avaient repris connaissance, les geôliers pouvaient continuer leurs interrogatoires.  

Et ces tortures ne sont que quelques exemples parmi beaucoup d’autres...

La fin de la prison S-21 et un bilan très lourd

Lorsque que le régime des Khmers Rouges prit fin en 1979, on vint libérer les prisonniers de S-21 : on retrouva 14 cadavres que les gardiens de prison n’avaient pas eu le temps de faire disparaître avant de s’enfuir et seulement  7 survivants. Les 14 dernières victimes furent enterrées dans la cour de la prison. On estime à plus de 20 000 les prisonniers morts à Tuol Sleng. On pourrait dire qu’il s’agit plus d’un camp d’extermination que d’une prison au vu de la quasi-inexistence de survivants…

Nous avons eu la chance de pouvoir rencontre Bou Meng, un des sept survivants de la prison, qui se trouvait au Musée Tuol Sleng pour faire la promotion de son livre : Bou Meng: A Survivor From Khmer Rouge Prison S-21
Nous avons d’ailleurs acheté ce livre, que nous avons fait dédicacer ! Ce récit est réellement poignant et permet de voir toutes les atrocités commises pendant le régime Khmer Rouge, de l’intérieur, puisque Bou Meng a lui-même été longuement torturé dans cette prison…Un livre à lire absolument si vous partez au Cambodge (et même si vous n’y allez pas !).

 



La période la plus noire de l’histoire du Cambodge…

Si le musée est principalement centré sur les prisonniers, il rappelle également la souffrance de tout le peuple cambodgien pendant cette terrible période.  Des photos et de nombreuses explications témoignent de la vie des khmers à cette époque. Les Khmers Rouges organisaient des travaux forcés pour construire des barrages et des systèmes d’irrigation pour les rizières ainsi que pour la culture des champs et quelques photos de ces travaux forcés sont exposées.  Les khmers étaient astreints à des journées harassantes, commençant à travailler aux aurores et terminant alors que le soleil était déjà couché,  avec très peu de pauses et des quotas de nourriture plus qu’insuffisants. Beaucoup moururent de fatigue ou de famine.
Plusieurs charniers humains  ont été retrouvés, certains avec plus de 8000 crânes enfouis sous terre témoins des exécutions de masse organisées par les Khmers Rouges. On peut voir dans le musée de Tuol Sleng des centaines de crânes provenant d’un des charniers humains découverts.



 

 




Aujourd’hui encore, de nombreux procès sont en cours pour condamner les Khmers Rouges et le pays reste encore très marqué par l’horreur qu’ils ont vécue… Ce musée a pour but de sensibiliser les visiteurs au génocide khmer et effectue un véritable travail de mémoire envers les prisonniers, pour éviter qu’on oublier à quel massacre se sont adonnés les Khmers Rouges durant cette période noire de l’histoire du Cambodge.
 

 

 
 


Pour en savoir un peu plus, voici le prospectus du Musée Tuol Sleng (en version anglaise à gauche) :

Pour déjeuner, nous nous arrêtons dans un restaurant local, où nous sommes les seuls touristes. Nous découvrons avec une certaine surprise que les cambodgiens donnent les couverts stérilisés. En effet, les couverts sont plongés dans une tasse remplie d’eau bouillante qu’il nous amène tel quel sur la table (et c’est un usage très répandu car pendant le voyage, nous nous rendrons compte que la plupart des restaurant le pratiquent). En tout cas c’est une très bonne idée pour l’hygiène… 

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