24.07.13 

Jour 13

La journée commence mal… A peine réveillés, une grosse averse nous tombe dessus… Mais bon, ce n’est pas pour autant que l’on va se décourager ! 

 

LES MINORITES DU CAMBODGE 

Aujourd’hui, nous avons prévu d’aller voir les différentes minorités de la région Ratanakiri où nous nous trouvons. Nous faisons la rencontre de notre guide anglophone qui est spécialiste de ces peuples autochtones. Nous devons également louer un 4x4 car les routes que nous allons emprunter pour aller jusque dans les villages reculés sont difficilement praticables avec notre van, surtout en saison des pluies. 
 

Village Kreung 

 

 


Les villages de cette ethnie se caractérisent par leurs maisons : de toutes petites maisons sur pilotis, à peine la taille d’un cagibi, alternent avec de plus grande maisons. Mais alors à quoi servent ces toutes petites maisons où l’on a du mal à s’imaginer que quelqu’un puisse y vivre ? Et pourtant…

Tu veux te marier ? Ça se mérite !

Quand les jeunes hommes, comme les jeunes filles, atteignent l’âge de 15 ans environ, ils doivent quitter la maison familiale pour aller vivre dans de toutes petites cabanes. Ces cabanes sont proches du domicile familial car les jeunes continuent quand même à vivre en famille pour toutes les activités quotidiennes, comme les repas, etc… Les cabanes ne servent qu’à dormir. 

Au bout d’un certain temps, le jeune homme va s’installer dans la cabane d’une jeune fille et le couple effectue « une période d’essai » avant de se marier : si la fille ne convient pas au garçon (comme d’habitude, la jeune fille n’a pas trop son mot à dire), il peut décider de la quitter après cette période d’essai, mais dans ce cas-là, il est obligé de payer des pénalités, le plus souvent en nature (buffles, cochons,…) à la famille de la jeune fille pour avoir profité quelques temps de leur progéniture. Une des autres exigences imposées, assez originale, est la suivante : si deux jeunes veulent se marier, la fille comme le garçon, doivent savoir tresser un panier !

Si, au contraire, la jeune fille lui convient, le jeune homme l’épouse : à partir de là, le couple récemment formé quitte leur cabane précaire et vont vivre pendant trois ans chez les parents de la jeune fille, puis encore trois ans chez les parents du garçon. Ce n’est qu’près cette période qu’ils peuvent se construire une maison et y habiter seuls, sans la présence parentale. 

 

Avant de s’installer dans leur propre maison, au moment de quitter le domicile familial, le couple fait un sacrifice en l’honneur de l’esprit de la maison qu’ils vont habiter. Ce dernier point permet d’aborder la religion que pratiquent les Kreung et la plupart des ethnies minoritaires, avec quelques variantes entre les différentes tribus : l’animisme

Les minorités cambodgiennes, des peuples majoritairement animistes

L’animisme est une religion qui se base en la croyance que les objets, les éléments naturels tels que les pierres, arbres, montagne,… possèdent un esprit. Les dieux – c’est un terme qui ne convient pas réellement, il vaudrait mieux parler d’âmes ou d’esprits – sont donc très nombreux et s’incarnent dans tous les objets du quotidien.
L’animisme fonctionne beaucoup sur la pratique de sacrifices envers ces esprits, pour s’attirer leurs bonnes grâces.

La culture du riz chez les Kreung

Les Kreung produisent leur propre riz, base de leur alimentation. Ils utilisent la technique du « champ tournant », c’est-à-dire qu’ils déforestent une parcelle de végétation, y plante du riz pendant trois-quatre années puis laissent le terrain reposer pour ne pas trop l’appauvrir.

Lorsque nous pénétrons à l’intérieur de la rizière, nous tombons nez-à-nez avec une drôle de construction et demandons alors à notre guide à quoi cela peut-il bien servir.

            Sacrifice pour une bonne récolte

Avant chaque plantation de semis sur une nouvelle parcelle, les Kreung effectuent une cérémonie sacrificielle pour que la future récolte soit abondante.

Voici la drôle de structure que l’on observe au milieu du champ :

Quatre tiges de bois souple s’arc-boutent vers l’extérieur, comme des cannes à pêche. Au bout de chacun de ces arcs, sont accrochées une ribambelle de cercle de tiges végétales séchées qui s’entrecroisent et forment comme une longue chaîne de fer.

Ces quatre chaînes d’anneaux végétaux représentent les quatre principaux esprits que vénèrent les Kreung : l’esprit du riz, de la maison, de la pluie et un dernier dont je ne me rappelle plus.

 


La cérémonie commence avec le traditionnel alcool de riz. L’alcool de riz est contenu dans une jarre. Les villageois se disposent en cercle autour du lieu où va avoir lieu le sacrifice et font tourner la jarre d’alcool : à l’aide d’une tige de plant de riz, ils aspirent de grandes gorgées de cette boisson dont ils sont très friands. 

On ne peut pas savoir à l’avance si l’alcool va être bon ou pas lorsqu’on ouvre la jarre : si on l’ouvre et que la liqueur est bonne, c’est un bon signe pour la future culture, sinon, les villageois y voient un mauvais présage… Et la qualité de l’alcool joue aussi fortement sur la réputation de la famille qui l’a fabriqué. Quand la jarre devient un peu moins pleine, ils rajoutent de l’eau, pour que la boisson soit moins forte.

Enivrés par l’alcool, les Kreung entament différentes danses rituelles avant de sacrifier un buffle (et en général ils le font de façon très cruelle, en le faisant longtemps souffrir avant de l’achever). 

 


 

Fabrication de l’alcool de riz

Cet alcool de riz est une véritable marque de fabrique des minorités, et comme on peut fortement s’en douter, il est aussi très apprécié des touristes qui ne manquent pas de ramener de petites jarres remplies de boisson fermentée…

Cet alcool est fabriqué à partir des écorces de riz (et non pas le grain ; les ethnies arrivent à tirer le meilleur du riz, en l’utilisant entièrement : grain pour se nourrir, écorce pour faire de l’alcool et pour faire du feu, tige pour faire des pailles...) que l’on fait macérer de plusieurs jours à une semaine, dans des jarres en terre cuite.

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