24.07.13 

Jour 13

LES MINORITES DU CAMBODGE 

Voen Sai

Nous embarquons à nouveau et nous dirigeons vers le lieu-dit de Voen Sai qui abrite un village chinois et un village laotien, communautés qui ont migré de leur pays d’origine et demeurent ici depuis de longues années.

         Le Village Chinois

 

 


C’est une tout autre perspective que celle du village Tampuon que nous découvrons : le village chinois est bien plus riche et abrite de grandes maisons. Toutes ces maisons ont deux étages, le rez-de-chaussée sert au « business » (en général, c’est là où se déroule les ventes, où se rencontrent les hommes d’affaires et où se trouve la boutique de la famille)  tandis qu’au deuxième se trouvent les appartements privés. En effet, les chinois ont fait succès dans le commerce de bois précieux (c’est vrai que les chinois sont de bons businessmen en général, où qu’ils soient dans le monde !), plus ou moins légal. Nous apercevons la maison de l’homme le plus riche du village, qui a l’air effectivement assez luxueuse (surtout comparée au standard du Cambodge).

Nous rencontrons une jeune taïwanaise qui est venue passer deux semaines dans ce village en tant qu’animatrice de ce qu’on pourrait appeler « un camp d’été » pour les jeunes du village (ils sont actuellement en vacances). Ce camp a notamment pour but d’apprendre la langue chinoise aux jeunes. En effet, cette communauté chinoise est là depuis longtemps et leur langue d’origine a été bien déformée depuis et est loin du « vrai » chinois. D’ailleurs, chaque ethnies du Cambodge a sa propre langue, qui peut encore varier au sein d’une même ethnie entre les différents clans ou villages, et la plupart du temps, ils ne parlent pas khmers : cela rend la communication très difficiles avec les gens venus de l’extérieur mais depuis quelques années, grâce aux écoles, cela est en train de changer et les villageois commencent à parler le khmer, langue national du Cambodge, ce qui facilite grandement les communications !

         Village Laotien

Il suffit de faire quelques mètres pour se retrouver dans le village laotien qui contraste nettement avec le village chinois : c’est assez surprenant car il y a une vraie démarcation entre les deux villages qui se touchent pourtant. Les maisons des laotiens sont beaucoup plus modestes et plus proche du style cambodgien traditionnel : les laotiens ne sont pas de hommes d’affaires comme les chinois mais vivent de l’agriculture. En fait, les laotiens cultivent puis vendent leur production aux chinois et avec l’argent qu’ils gagnent, ils vont acheter des produits aux chinois comme des habits ou divers instruments ménagers : un petit commerce interne bien rodé s’est mis en place au fur et à mesure des années ! Ça me rappelle un proverbe cambodgien dont Deth nous avais parlé et trouve tout son sens ici :

« Les Vietnamiens plantent le riz,
les Khmers le regardent pousser,
les Laotiens l'écoutent pousser
et les Chinois le vendent »

Nous allons à la rencontre d’une famille de Laotiens qui fabrique des paniers : une vieille femme accroupie tresse des paniers tandis que les deux hommes qui l’entourent, dont l’un est probablement son fils, sont simplement assis sur le plancher à la regarder travailler sans rien faire, somnolant.

Nous quittons le village et prenons le chemin du retour : d’abord à pied, puis en bateau, et enfin en 4X4 jusqu’à notre hôtel à Ban Lung, encore une fois trempés de notre journée à cause de la pluie et de l’humidité très forte (on a regardé le soir à l’hôtel, il y avait 90% d’humidité dans l’air ce qui est vraiment énorme !)

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