15.07.13 

Jour 4

Ondong Rossey, le Village des Potiers 

 

 

 

Nous nous éloignons de la ville de Kompong Chhnang pour nous retrouver dans un magnifique paysage de rizières verdoyantes baignées dans la lumière du matin. Ondong Rossey est un petit village de campagne réputé pour abriter les meilleurs potiers du Cambodge. Pourtant le nom de « Ondong Rossey » est loin de faire référence à cette réputation : en effet, cette expression signifie « Le puits du Bambou ». Le village doit son nom à un puits construit au centre du bourg. 

Même s’ils sont les meilleurs potiers du Cambodge, les habitants d’Ondong Rossey mènent une vie très dure et ne gagnent pas beaucoup d’argent. Ils se lèvent à 4h du matin pour aller travailler dans les rizières jusqu’à à peu près 10h puis rentre chez eux et fabriquent des poteries le reste de la journée. C’est très fatigant physiquement. 


La « Meilleure Potière du Cambodge », rien que ça !

Comme nous sommes arrivés tôt au village, autour des 8h, il n’y a pas beaucoup de potiers car nombre d’entre eux sont aux champs. Néanmoins, nous avons de la chance car « la meilleure potière du Cambodge » qui se nomme Sorn Em, est là. Deth nous emmène à sa rencontre et nous la présente. Elle est assez jeune et vient d’avoir son premier enfant, un petit garçon tout mignon qui nous regarde avec des grands yeux. Nous entrons dans son atelier où sont entreposées ses poteries. Quand Deth nous disait qu’elle était la « meilleure potière du Cambodge », ce n’était pas des blagues car elle a reçu un diplôme de l’état certifiant ce titre. Grâce à son talent, elle est considérée comme la représentante de l’art potier cambodgien à l’échelle nationale. Elle nous fait ensuite une démonstration de ses talents de potière et en quelques minutes à peine, elle a fabriqué un joli pot sous nos yeux ! 
En repartant, nous achetons quelques pettes poteries, en espérant qu’elles arriveront entières en France ! 

 


 




Deth désire nous emmener rencontrer une autre potière, spécialisée dans la confection de marmites. Quand nous arrivons chez elle,  sa fille nous apprend que sa mère n’est pas là aujourd’hui. Cette jeune fille de 18 ans vient de passer son bac mais comme il n’y a pas de travail, elle a été obligée de rentrer au village et d’exercer comme sa mère, le métier de potier. Ce n’est pas facile pour elle car, comme je l’ai déjà dit, le métier de potier est assez dur et peu rémunéré. Elle accepte elle aussi de nous faire une démonstration, à la place de sa mère, et me propose même de m’initier à la confection d’une marmite ! Elle n’utilise pas de tour à potier, seulement un tronc d’arbre planté dans le sol. C’est elle qui doit tourner autour du pot qu’elle fabrique (en fait cette technique est spécifique aux marmites). Je m’essaye donc à la poterie mais le résultat n’est pas très concluant ! 

En quittant Ondong Russey, nous nous arrêtons sur le bord de la route pour admirer les splendides rizières et regardons un paysan en train de labourer avec un char à bœuf, une technique ancestrale encore présente au Cambodge.

Les « confectionneurs de graviers »

Plus loin, nous passons devant non plus un village de potiers mais un village de « confectionneurs de gravier ». Les villages sont souvent regroupés par secteurs d’activités. Le métier de « confectionneurs de graviers » est encore plus dur que celui de potier. Les villageois vont tailler des blocs de pierres dans des carrières. Ils ramènent ensuite ces blocs chez eux. Puis, ils cassent les blocs de pierres avec un marteau jusqu’à obtenir des graviers. Ce sont souvent les femmes qui sont attelés à cette dernière tâche : les hommes vont découper les gros blocs dans la carrière puis les femmes passent la journée à les réduire en gravier. C’est un travail harassant qui ne rapporte pas beaucoup. Un mètre cube de garvier se vend 80 000 riels, soit 14 euros. C’est vraiment très peu par rapport à la quantité de travail que cela demande. 

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