30.10.12 

Jour 2

Les Pyramides de Gizeh (suite)

Nous contournons l’immense pyramide de Khéops pour s’arrêter devant l’une de ses faces qui est en fait l’entrée de la pyramide. Ayman nous demande de regarder au sol : sous nos pieds, on constate que les pierres sont noires.  Il nous demande si nous avons une idée pour expliquer la présence de ces pierres noires. Ne trouvant pas la réponse, Ayman se lance dans de nouvelles explications :

Pourquoi y a-t-il un sol de pierres noires devant l’une des façades de la pyramide de Khéops ?
 

Nous connaissons tous les fameuses pyramides de Gizeh, l’une des sept merveilles du monde antiques mais en fait les pyramides ne sont pas des monuments isolés, elles font parties d’un grand complexe funéraire, qui a en partie disparu. L’espace funéraire s’organise ainsi : il y a un premier temple où l’on momifie le corps du pharaon décédé (Temple de la Momification), un chemin qui mène jusqu’à un deuxième temple, le temple funéraire, qui se situe juste devant la pyramide destinée au pharaon. Ce schéma se répète pour chacune des trois pyramides.
 

C’est comme on peut sans douter, dans le Temple de Momification, que l’on embaumait le cadavre du roi. Le rituel durait 60 jours pour un roi. Il faut tout de même noter que tous les égyptiens étaient momifiés mais la durée de l’embaumement était moins longue pour les autres égyptiens et donc la qualité moins bonne. Pour un prêtre, la momification durait 45 jours et pour tout autre égyptien seulement 25 jours. Une fois le corps du pharaon momifié et mis dans un sarcophage, on le transportait jusqu’au temple situé devant les pyramides en passant par la voie sacrée. On déposait le sarcophage dans le temple funéraire où l’on priait pour le défunt avant de le faire pénétrer dans sa dernière demeure. 

Jusque-là je n’ai toujours pas fait le lien avec les pierres noires mais j’y arrive. En effet, à l’emplacement des pierres noires se trouvait cet ancien temple dont le sol est la seule trace visible aujourd’hui. Mais je n’ai toujours pas répondu à la question… Lorsque les égyptiens taillaient le calcaire pour construire les pyramides, ils utilisaient du basalte, pierre à la couleur du charbon. Lorsqu’ils avaient fini, ils utilisaient ce même basalte, pour ne pas le perdre et par souci de facilité,  pour construire le temple devant les pyramides et voilà pourquoi le sol est fait de pierres noires devant la pyramide.
 

 



La visite des pyramides ne cesse de nous étonner. Pendant que nous contemplons ces monuments et faisons quelques photos pour les figer dans notre mémoire, de jeunes égyptiennes arrivent et demandent à être prises en photos avec nous. Nous ne nous faisons pas prier et nous nous prêtons bien volontairement au jeu. Plusieurs autres jeunes filles demandent à être prises en photos avec nous ; pour elles nous sommes aussi une sorte d’attraction pareille aux pyramides. C’est vrai qu’il n’y a pas énormément de touristes à cause des troubles occasionnés par le printemps arabe. Pour les égyptiens c’est assez dur car ils ont perdu leur principale source d’économie, le tourisme, mais pour nous, touristes, c’est une situation idéale car nous ne sommes pas embêtés par le monde et surtout c’est super pour les photos. A côté de nous se dresse maintenant trois petites pyramides.
 

A qui appartiennent les petites pyramides ?

A côté de la pyramide de Khéops ont été érigées trois autres petites pyramides, celles de ses femmes car un pharaon pouvait avoir plusieurs femmes. On retrouve donc fréquemment de petites pyramides à côté des tombeaux des rois, destinées à leurs femmes, notamment devant celle de Mykérinos. Ce sont les « Pyramides des Reines ».

Nous continuons la visite et nous posons une question qui nous taraude à Ayman : que trouve-dans les pyramides ?

Qu’y a-t-il à l’intérieur des pyramides ? 

La réponse est aux premiers abords,  assez évidente : il y a la chambre funéraire du pharaon, mais aussi d’autres pièces dont la fonction est un sujet qui prête à controverse et nourrissent les fantasmes les plus fous chez les historiens, notamment dans la pyramide de Khéops. Une des explications qui est la plus probable est qu’il n’y aurait pas une chambre funéraire mais plusieurs. Lorsque les ouvriers égyptiens construisaient les pyramides, ils s’empressaient de construire une première chambre funéraire, avant même que la pyramide ne soit finie. Pourquoi ? Au cas où le pharaon décéderait prématurément, avant que la pyramide ne soit terminée et auquel cas sa construction s’arrête. Ainsi, on construisait plusieurs chambres funéraires, au fur et à mesure de la construction de la pyramide pour être sûr que le roi pourrait reposer en paix. Il y a à l’intérieur des pyramides, des boyaux qui servent à accéder à la chambre funéraire et d’autres pièces le long de ses boyaux qui abritaient sûrement les effets personnels du  pharaon comme les meubles, les bijoux mais qui ont été malheureusement pour beaucoup pillés.

 

Maintenant que nous en savons un peu plus sur la question, Ayman nous propose de descendre à l’intérieur de l’une des pyramides des femmes pour voir à quoi ressemble l’intérieur des pyramides. Il nous prévient en nous disant qu’il n’y a rien d’exceptionnel. Nous descendons donc à l’intérieur d’une des pyramides des reines et cela se révèle plutôt  périlleux ! La pente est très abrupte, des planches de bois clouées au sol servent d’escaliers. Le plafond est très bas, on est obligés de se plier en deux pour descendre ! On arrive dans la chambre funéraire et  il est vrai que par rapport à l’extérieur de la pyramide, l’intérieur est plutôt décevant. C’est une simple salle où subsiste l’emplacement d’un sarcophage. Ce qui devait vraiment être intéressant est ce qu’il y avait à l’intérieur ! Même s’il n’y a pas grand-chose à voir, descendre dans la chambre funéraire d’une des pyramides est quand même quelque chose à faire, la descente en elle-même (et la remontée du coup !) est assez amusante.  En fait, il y a juste la place pour le sarcophage que les hommes faisaient glisser dans cette pente pour l’amener jusque dans la chambre funéraire, ce que, nous en conviendrons, est bien plus pratique que des escaliers. Après avoir découvert l’intérieur d’une pyramide, nous poursuivons en direction de la pyramide de Khephren située derrière celle de Khéops. Nous arrivons devant un trou. Ayman nous demande alors à quoi nous fait penser la forme de ce trou. A une coque de bateau ! Etrange, non ?
 

Pourquoi y a-t-il un trou en forme de coque de bateau ? 

 



Comme je l’ai déjà dit, les croyances des égyptiens en des dieux multiples et divers étaient très fortes et vraiment ancrées dans les esprits. Le pharaon était comme un dieu. On racontait que le pharaon, une fois mort, effectuait un voyage vers le monde des morts pour rejoindre le « Paradis Egyptien ». Avant de rejoindre ce paradis, il devait néanmoins passer par le monde du Nil Souterrain, l’équivalent des Enfers grecques ou de l’Enfer chrétien, affrontant les forces du mal avant de « renaître » au Paradis. Pour traverser le Nil Souterrain, il avait donc besoin d’un bateau et c’est pour cela que les égyptiens ont creusé à côté de la pyramide de Khephren, un trou dans lequel ils ont disposé un bateau en bois, entièrement démonté, destiné à transporter et à faciliter le voyage du roi vers la mort, dans l’autre monde.  Et ce n’était pas un petit bateau, vu la taille du trou ! De mémoire, je crois que le bateau devait mesurer 17 mètres… Rien n’était trop beau ni trop grand pour les pharaons ! 

 

La visite se poursuit, nous prenons quelques photos de Khephren, dont on aperçoit sur le sommet quelques traces du revêtement qui ornait autrefois entièrement la pyramide. Malheureusement, la plupart des revêtements, a été comme on peut le constater, pillé pour servir dans d’autres constructions. Nous décidons d’aller visiter l’intérieur du tombeau funéraire de Khephren. On sait qu’il n’y a pas grand-chose à voir et que ça va sûrement ressembler aux chambres funéraires des reines mais on s’est dit qu’on ne retournera pas en Egypte avant un petit moment. C’est vrai qu’on aurait pu visiter l’intérieur de la pyramide de Khéops car c’est elle qui a soulevé le plus de mystères mais la raison de notre choix est très simple : visiter Khéops est beaucoup plus cher que visiter Khephren (et il y a plus de monde) ! De plus Ayman nous assure que ça ne vaut pas vraiment le coup. Nous descendons donc  à l’intérieur de Khephren en passant par une galerie du même type que dans la pyramide de la reine que nous avons déjà visitée.

 


Cette fois-ci, la galerie est beaucoup plus longue et il y a en plus du tombeau funéraire, quelques pièces jouxtant le boyau, où l’on entreposait les effets du roi. La chambre funéraire n’a rien d’exceptionnel, seule subsiste la place du sarcophage. 

Il n’y a même plus de peinture ou hiéroglyphes sur les murs. Comme je l’ai déjà dit, cela reste quand même assez amusant de descendre à l’intérieur des pyramides et puis on a un peu l’impression de pénétrer dans les secrets de l’histoire, de cette civilisation égyptienne si mystérieuse.

Nous contournons ensuite, la pyramide, derrière laquelle on peut apercevoir les ruines de quelques pyramides de ses femmes ainsi que des mastabas, des tombes destinées aux proches du pharaon : des membres de la famille royale, des nobles, des hauts fonctionnaires…

Enfin, nous arrivons devant la dernière pyramide, celle de Mykérinos, certes moins grande mais non dénuée d’un certain charme, au flanc de laquelle s’accrochent trois petites pyramides de femmes. 

 


Puis nous arrivons au fameux point de vue depuis lequel on a un magnifique panorama sur les trois pyramides et c’est évidemment l’occasion de faire quelques photos. Nous nous rafraîchissons (il fait très chaud au soleil, peut-être 35°C !) puis nous partons faire une balade à dos de dromadaires. Nous montons tous les trois sur nos dromadaires respectifs. Le lever du chameau est très spécial : il redresse d’abord ses pattes arrière puis ses membres avant, donnant alors l’impression à son cavalier de faire du cheval à bascule. Celui qui conduit les dromadaires (un dromadairier ?) est très sympa. Il nous fait trotter à travers le désert, papa et Elisa sont un peu déstabilisés et ne tiennent pas très bien alors que pour moi ça allait ! C’est peut-être aussi parce que je faisais de l’équitation…mais monter à dromadaire est quelque chose de complètement différent de la monte à cheval.  

 

 




D’ailleurs, on voit beaucoup de jeunes faire des courses de chevaux dans le désert, et ils n’ont pas peur de la vitesse. Nous nous arrêtons devant les pyramides et nous avons une vue encore plus belle que celle qu’on peut avoir depuis le plateau touristique. Le dromadairier, –c’est comme ça que je vais l’appeler maintenant–, a l’habitude des touristes et nous propose aussi de faire des photos rigolotes. Nous repartons au trot jusqu’à atteindre le seul monument manquant à notre visite : le Sphinx. 

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