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31.10.12 

Jour 3

 

 

ALEXANDRIE

Catacombes Kom-el-Chouqafa

Nous atteignons enfin la ville d’Alexandrie dont nous commençons la visite par  les Catacombes Kom-el-Chouqafa. Ces cimetières souterrains sont les seuls vestiges catacombaux  de l’époque gréco-romaine retrouvés en Egypte, derniers témoignages de la religion pharaonique de l’Egypte Antique. Edifiées au IIème siècle après J-C, ces catacombes furent découvertes en 1900 par pur hasard, suite à la chute d’un âne qui tomba dans un trou.
Malheureusement, nous n’avons pas de photos de ce site car interdites. Nous nous engouffrons à l’intérieur des catacombes par un escalier en colimaçon autour d’un mur circulaire central pourvu d’ouvertures, servant à faire passer les sarcophages.  Il y a trois niveaux, mais seuls deux sont accessibles. Au fond se situe un puits central, d’où l’inaccessibilité du dernier niveau, inondé.

 

La chambre funéraire centrale 

Nous accédons à une première chambre funéraire carrée dont trois pans accueillent chacun un cercueil, sûrement destinée à une riche famille car très décorée notamment par des sculptures taillées à même le mur. Ayman nous demande s’il n’y a pas quelque chose qui nous interpelle dans ces sculptures. Et en effet, en observant bien, on remarque qu’il y a de nombreux dieux égyptiens… en tenue gréco-romaine !  Le dieu Anubis, dieu de la momification, est représenté en tenue gréco-romaine avec une queue de serpent, symbole d’Agathos, un dieu grec. On retrouve des éléments typiquement grecs, comme par exemple les colonnes qui encadrent l’entrée de cette chambre funéraire, constituant le cœur des catacombes.  Ayman nous pose une autre question : comment faisait-on rentrer les morts dans les sarcophages ? La question n’est pas si simple, car les sarcophages sont taillés d’un seul bloc dans la pierre et donc complètement scellé, que ce soit au niveau du socle ou de la partie supérieure (il n’y a pas de « couvercle », on ne peut pas l’ouvrir). Après nous avoir laissé imaginer des hypothèses plus ou moins vraisemblables, Ayman nous fait faire le tour de la chambre en passant par derrière, nous montrant qu’un trou était creusé au niveau du sarcophage pour y faire passer le mort, comme un tiroir, que l’on rebouchait ensuite.

D’autres pièces s’ajoutent au complexe : des salles de tombeaux individuels comme nous venons de visiter mais démunies de décorations, réservées aux classes moyennes ainsi que des galeries où sont creusées de simples trous destinés à accueillir les dépouilles des plus pauvres. Nous arrivons ensuite dans une salle des catacombes, le triclinium, dont la fonction nous surprend un peu. C’est une sorte de salle de banquet des catacombes.

Pourquoi y a-t-il une salle à manger dans les catacombes ? 

Les familles dont les membres étaient enterrés dans ces catacombes venaient rendre hommage aux morts une fois par an et ce, d’une des plus étranges façons : ils commençaient à manger dans la salle du triclinium, allaient ensuite voir les morts, se faisaient vomir et recommençaient à manger avant de récupérer les plats en terre cuite et de les casser en les jetant en-dehors des catacombes, comme en témoignent les montagnes d’argile que l’on a retrouvées.  Drôle de tradition !

La Chambre de Caracalla

La Chambre de Caracalla est une pièce funéraire tout à fait particulière, qui alimente une légende célèbre et sanglante. Caracalla, empereur romain qui régna au IIIème siècle après J-C, était victime de moqueries à cause de sa petite taille. Agacé, ce dernier invita les gens qui se moquaient de lui à un grand banquet, tuant trois cents d’entre eux dont il aurait ensuite mis les ossements dans ces catacombes, en guise d’avertissement pour ceux qui auraient tendance à rire de sa taille. Même si cette histoire a beaucoup de chance de n’être rien d’autre qu’une légende, cela n’empêche pas que l’on se questionne toujours sur le rôle de ce temple funéraire. L’hypothèse la plus probable est qu’il s’agit d’un tombeau pour les animaux sacrés. En effet, les ossements retrouvés sont d’origine animale (il en reste quelques-uns et même nous, qui ne sommes pourtant pas connaisseurs, avons pu voir tout de suite qu’il ne s’agissait pas d’ossements humains !) et en plus, au centre de ce temple, il y a une table en pierre dédiée à accueillir les offrandes.

Notre visite des catacombes s’arrête ici (dommage, il faisait bien frais à l’intérieur !) et le prochain lieu de notre exploration de la ville n’est autre que la très célèbre Bibliothèque d’Alexandrie !


Bibliotheca Alexandrina


La Bibliothèque d’Alexandrie est un bâtiment ultra-moderne dont une des façades donnent sur la mer. Devant celle-ci s’étale un bassin, symbole du Nil et donc de la vie égyptienne et la bibliothèque, en forme de disque géant incliné, représente le soleil levant.  Des écritures provenant de plus de 120 langues différentes sont gravés sur les façades gris anthracite du monument. A l’intérieur, d’immenses salles de lecture équipées d’ordinateurs, et d’innombrables armoires en verre peuvent accueillir 2 500 lecteurs, libres de choisir parmi les 8 millions d’ouvrages que compte la bibliothèque ! Il y a d’autres salles, dédiées à des expositions. Nous visitons celle des livres anciens hébergeant   de splendides chefs d’œuvre de la littérature antique égyptienne.


Fort de Qaït-Bey



 

 

 



La prochaine excursion nous amène au Fort de Qaït-Bey, un château colossal entouré d’une épaisse enceinte. Il fut construit à l’emplacement exact de l’ancien Phare d’Alexandrie, qui s’est effondré, par le Sultan Qaït-Bey en 1480, utilisant les matériaux des ruines du phare. Il fut plus tard rénové par Mehemet Ali, dont nous avons visité la mosquée au Caire. C’est un monument qui nous a beaucoup plus car nous avons pu nous balader sur les murs de l’enceinte qui constituent une balade circulaire autour du château. 

 





La vue sur la mer est splendide et la forteresse en elle-même est également magnifique. Le contraste entre la pierre jaune pâle du château, le vert de ses palmiers et le bleu profond de la mer est du plus bel effet ! Nous nous sommes donc baladés tranquillement sur ces remparts, profitant du panorama. En quittant le fort, de jeunes égyptiens nous abordent et nous distribuent des tracts promouvant la religion de l’islam. Ça risque d’être intéressant ! En effet, c’est plutôt amusant d’avoir différents points de vue. Un des prospectus attire particulièrement notre attention, il se nomme « La femme en islam », de quoi éveiller notre curiosité que nous prendrons le temps de lire plus tard.

 

 

 

 

Le temps passe vite ! Il est déjà quatre heures et nous n’avons pas encore mangé. Nous nous rendons dans un restaurant le long du littoral, « la promenade des Anglais d’Alexandrie », offrant une vue panoramique sur la mer et le fort que l’on vient de quitter. Après avoir terminé le repas, le soleil se couche sur Alexandrie et les bouchons ininterrompus de la ville nous laissent le temps de prendre deux-trois photos.

Les Jardins du Palais Montazah

Il fait déjà nuit lorsque nous arrivons aux Jardins du palais Montazah (merci les légendaires bouchons de la route littorale d’Alexandrie !) où est construit le gigantesque Palais Montazah, bâti par Abbas Hilmy (1892-1914), qui s’y réfugiait pour fuir les chaleurs caniculaires du Caire  et sert encore aujourd’hui aux présidents égyptiens. Ce palais est interdit au public mais, rien qu’en l’apercevant derrière les grilles en fer forgé qui l’entourent, on se rend compte de l’ampleur pharamineuse de cette construction dont on n’ose alors même pas imaginer les salles intérieures !

Ticket d'entrée des Jardins du Palais de Montazah


 

 




Passer ses vacances ici doit être plus qu’agréable… Nous faisons le tour du palais et n’avons pas l’occasion de pousser plus loin l’exploration des jardins, de plusieurs hectares tout de même (à l’échelle du palais !), car il fait déjà nuit. 

Nous regagnons la voiture et nous voilà fin prêts à regagner Le Caire, en affrontant les bouchons d’Alexandrie, puis ceux du Caire !

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