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01.11.12

Jour 4

 

 

LOUXOR

 

Ce matin, on se lève tôt ! A 4h, nous sommes déjà debout pour aller prendre notre avion qui décolle à 7h en direction de Louxor. C’est une ville qui semble beaucoup plus calme que Le Caire, c’est sûr qu’avec « seulement » 300 000 habitants, elle ne fait pas le poids face au Caire. Ce qui nous a fait rire, c’est que pour Ayman, vivant au Caire, il s’agit d’une toute petite ville alors que pour nous, vivant dans un village où il y a 3000 habitants à l’année, c’est déjà immense ! 









Karnak

Nous entamons la visite de Louxor par son site le plus connu, Karnak. Ce temple égyptien a été surnommé ainsi par les Arabes car ce mot signifie « forteresse » et c’est la première chose à laquelle les Arabes ont pensé lorsqu’ils ont aperçu pour la première fois le monument.  Nous nous retrouvons sur une grande esplanade dallée au bout de laquelle se dressent les enceintes du temple. Nous pénétrons à l’intérieur du sanctuaire par la majestueuse avenue des Sphinx, allée qui, comme son nom l’indique, est bordée de dizaines de statues de Sphinx à tête de béliers. 

 

 

 

Karnak, sûrement l’un des plus grands édifices religieux jamais bâtis, est le Temple d’ Amon, dieu à l’importance capitale dans la mythologie égyptienne. Un temple égyptien est plus qu’un simple lieu de culte, il est considéré comme la demeure terrestre du dieu auquel il est dévolu.

Qui est le dieu Amon ?

A l’origine, Amon est un dieu local de la Haute-Egypte, plus particulièrement dans la région de Thèbes. En 2125 avant J-C, le gouverneur de Thèbes, Moutouhotep II, surpasse son rival nord-égyptien et devient le fondateur du Moyen Empire, appelé aussi Moyenne Période (2125-1650 avant J-C), propulsant la ville de Thèbes au rang de capitale de l’Empire Egyptien. C’est ainsi que le dieu thébain Amon acquiert une toute nouvelle importance dans le panthéon égyptien et devient même le roi des dieux, surtout pendant le Nouvel Empire.
Son nom égyptien Imen, signifie le Caché, l’Invisible. On ne peut connaître sa vraie forme car il apparaît sous de nombreux aspects, d’où son nom le « Caché » ou « l’Invisible ». C’est parce qu’on ne peut connaître sa forme qu’il est souvent représenté comme un pharaon coiffé d’une couronne représentant deux plumes, parfois surmonté d’un disque solaire. Il peut être également représenté sous la forme d’un homme à tête de bélier ou d’un sphinx à tête de bélier. 

 




Nous entrons dans la première cour du temple. Les constructions sont à la hauteur du premier mur d’enceinte par lequel nous venons d’entrer, c’est-à-dire colossales. Ce temple est réellement gigantesque et encore, nous n’en sommes qu’au début. Seule une unique immense colonne subsiste, juste assez pour que nous puissions nous représenter l’ampleur de ce temple.   La particularité du Temple d’Amon ainsi que de nombreux autres temples égyptiens, est qu’ils sont construits au fur et à mesure. Par exemple, à Karnak, un premier pharaon a fait construire un sanctuaire au Dieu Amon, le pharaon lui succédant a rajouté une salle hypostyle, le suivant un pylône  et ainsi de suite, d’où l’immensité du sanctuaire qui a connu une vingtaine de dynastie et donc d’innombrables rois. 

 

 

 


 


Chaque pharaon laissait son nom sur la partie qu’il avait fait construire, chacun rivalisant pour offrir les constructions les plus monumentales à ce temple.


Pourquoi grave-ton les noms des pharaons dans des cartouches ?


Les Egyptiens ne font jamais rien au hasard, et tous leurs dessins ont une part de symbolique comme c’est le cas des cartouches. Le demi-cercle supérieur de la cartouche représente le ciel et le demi-cercle inférieur la terre. Ceci est un symbole de la longue vie. Inscrire le nom du roi à l’intérieur est un moyen de lui souhaiter une longue vie. Les dieux qui, eux, ont déjà une vie éternelle, ne voient jamais marquer leur nom dans une cartouche, ils n’en ont pas besoin. Il faut noter que, s’il n’y avait pas de cartouches inscrites en dessous des représentations des rois, on ne pourrait distinguer un pharaon d’un autre, car ils sont tous représentés de la même façon.

Ticket d'entrée de Karnak

 


Quand on visite le sanctuaire, on commence donc par le plus récent, le grand pylône faisant office d’entrée construit par Nectanébo Ier,  pour aller vers le plus ancien.

Nous commençons la visite des lieux par les trois petites bâtisses à notre gauche qui sont les Chapelle du dieu Amon, de sa femme Mout ou Amonette et de leur fils, Khonsou, le dieu de la Lune. 

On aperçoit de nombreux hiéroglyphes qui tapissent les murs de ces chapelles, gravures profondes que le temps n’a su effacer et qui a permis de comprendre en partie les mystères de l’Egypte Antique. Parmi ces gravures, la représentation d’une scène figurant un bateau revient assez souvent. C’est l’occasion pour Ayman de nous expliquer la Fête d’Opet, une des plus grandes et célèbre fête de l’Egypte Antique.

La Fête d’Opet

Cette fête était la célébration la plus importante de l’année à Thèbes. D’une durée de onze jours, elle avait pour but de célébrer le mariage d’Amon avec Mout. A cette occasion, les statues d’Amon, Mout et Khonsou, leur fils et dieu de la Lune, était posées à bord d’une barque. Les prêtres de Karnak portaient les trois barques sacrées avec leurs statues respectives jusqu’au Nil et naviguaient jusqu’au Temple de Louxor. Une fois arrivées à Louxor, les barques étaient de nouveau transportées jusqu’à Karnak par les prêtres mais cette fois-ci à pied (il est difficile de naviguer en amont du fleuve) par l’Allée des Sphinx, une allée bordée de statues de Sphinx ne mesurant pas moins de 3km, accueillant alors des milliers de statues de Sphinx. Cette allée terrestre reliait le Temple de Louxor à celui de Karnak. Les barques n’étant pas légères, les prêtres disposaient de plusieurs « reposoirs » pour pouvoir s’arrêter, reprendre des forces et poursuivre le chemin. Une fois arrivés à Karnak, les barques étaient alors entreposées dans les trois chapelles (ou reposoirs)  respectivement dédiées à Amon, Mout et Khonsou, jusqu’à la prochaine fête de Opet.  C’est pour cela que ces chapelles portent aussi le nom de reposoir. Cette cérémonie grandiose avait pour but de réaffirmer le pouvoir du pharaon en montrant les liens l’unissant au roi des dieux, Amon. Ainsi, on trouve de nombreuses représentations de cette fête dans le sanctuaire de Karnak.

Karnak - Barque de Mout (représentation située dans la chapelle d'Amon)

Barque de Mout : la statue de sa tête orne la proue de la barque. La représentation est en partie effacée, mais on peut voir encore la rame de la barque à droite. 


 

Autres représentations dans les chapelles :

Chapelle d’Amon :
 

Le pharaon (à gauche) fait des offrandes au dieu Amon   (à droite)

Le pharaon (à gauche)  fait des offrandes au dieu Amon  (à droite)

Particularité : On pourrait croire que le dieu représenté est Horus car il possède une tête de faucon. Malgré cela, il s’agit tout de même du dieu Amon car seule importe la couronne pour savoir quel dieu est représenté. Or ici, la couronne à deux plumes est celle d’Amon. On détermine le dieu représenté en fonction de sa couronne.

 

 


 





Les trois chapelles peuvent aussi être appelées des « reposoirs ». En sortant des chapelles, nous nous arrêtons devant une statue de marbre blanc, certes assez petite, mais qui attire beaucoup de monde : en effet, c’est la seule représentation qu’on ait du  roi Toutankhamon.

En face des trois temples d’Amon, Mout et Khonsou, se trouve cette fois-ci le temple non plus d’un dieu, mais d’un roi, Ramsès III.

Karnak - Statue de Ramsès III devant son reposoir

Deux statues imposantes du pharaon en question encadrent l’entrée du temple. Son pied gauche est légèrement décalé par rapport au droit et la statue arbore une barbiche à bout carré : cette représentation symbolise le pharaon vivant. Lorsque l’on veut représenter un pharaon mort, les égyptiens confectionnaient des statues avec les pieds collés et une barbiche à bout pointu, légèrement recourbée vers le haut. 

 

 

 

 

 

Nous nous arrêtons devant une première représentation dont Ayman, après nous avoir laissé chercher, nous explicite la signification :

Ramsès III, un pharaon du Nouvel Empire, a connu une période de règne très longue. A cette époque, après 30 ans de règne, un pharaon est obligé de refaire ses preuves pour pouvoir continuer à régner. Ramsès III arriva aux 30 ans de règne, ce qui était assez rare pour l’époque et se soumit donc à l’épreuve imposée. Elle constituait à courir quatre fois autour du temple d’Amon puis poursuivre un taureau et le tuer à main nue. Ramsès III accomplit l’épreuve avec succès et ainsi le dieu Amon lui offrit le « bâton de pouvoir de 1000 ans » : c’est le bâton au bout duquel est suspendu un objet de forme rectangulaire qu’Amon, à droite, tient dans sa main. Dans cette même main, il tient la clé de la vie qu’il tend aussi au roi. Par cet acte, Amon donne au roi sorti vainqueur de l’épreuve, « 1000 ans de règne » et une vie éternelle (clef de la vie).  


Nous avançons dans le temple, passant par la cour bordée de nombreuses statues du roi avant d’entrer dans une sorte de chapelle, dont le fond est creusé de plusieurs niches. En fait, le Temple de Ramsès III peut aussi être considéré, au même titre que les Chapelle d’Amon, Amonèt et Khonsou, comme un reposoir. En effet, le roi égyptien, considéré comme le représentant vivant du dieu Horus sur Terre, avait le droit à sa propre barque sacrée lors de la fête d’Opet, un moyen pour lui d’affirmer son appartenance au rang divin. Au fond du temple, on peut voir trois petites niches où l’on exposait la barque sacrée. On retrouve ainsi des représentations de la fête d’Opet et autres scènes :

Le roi Ramsès III parfume le dieu Amon pour s’attirer ses faveurs, à l’aide du flacon qu’il tient dans la main gauche (c’est une sorte d’offrande). 

Représentation d’une barque sacrée avec la tête de bélier couronné du disque solaire, une des représentations du dieu Amon, en tant que statue de proue.

Représentation d’une barque sacrée avec la tête de bélier couronné du disque solaire, une des représentations du dieu Amon, en tant que statue de proue à gauche. Ramsès III, à droite, est en train de parfumer la barque sacrée d’Amon. On peut voir aussi de nombreuses offrandes en nature disposée tout autour de la barque.

 

 

 

 

 




Nous continuons la visite par ce qui est, à mon avis, la partie du temple la plus surprenante et la plus sublime : la titanesque salle hypostyle, une salle de 5 500m² accueillant 134 colonnes gigantesques(d’où le nom « hypostyle »). Ces colonnes papyriforme (en forme de papyrus roulé) sont entièrement recouvertes de hiéroglyphes, de même que les murs qui enserrent ces piliers.  Des milliers et des milliers de hiéroglyphes gravés patiemment par les Anciens Egyptiens nous laissent imaginer quel travail cela a dû être. 



 

 

 



Cette salle est réellement splendide et on ne se lasse pas d’admirer les gravures qui nous plongent dans ce monde mythique, presque magique, de l’Egypte Ancienne. Sur le chapiteau des colonnes, on peut apercevoir des restes de peintures ocre, rouges, bleues et jaunes principalement. Ce devait être encore plus somptueux lorsque les murs et les colonnes étaient entièrement peints. Dommage que ça ne se soit pas conservé !

Dieux accompagnant la barque sacrée d’Amon durant la fête de l’Opet (on reconnait Horus, le personnage le plus à gauche et à sa droite, Anubis)

De gauche à droite : Thot, le Roi, Amon, Khonsou (le dieu de la Lune nous l’indique sa couronne en forme de lune, et fils d’Amon)
Amon offre la « canne de 1000 ans de pouvoir » au roi. 

Divinités égyptiennes avec quelques traces de peinture (Horus le plus à gauche et Anubis le plus à droite) couronnant le roi au centre.

Amon (à gauche) qui offre l'éternité au roi(au centre) et Thot (dieu des scribes) qui inscrit l'évènement dans l'Arbre de la Vie (appelé Iched)dont les feuillages entourent le roi.

Thot, le dieu des scribes, en train d'écrire.

Le Roi qui parfume Amon.

 



Petit aparté : La position des mains

Lorsque les pharaons sont représentés bras levés et paumes horizontale, cela signifie qu’ils sont en train de faire des offrandes.

Lorsqu’ils sont représentés avec les mains paumes verticales, c’est qu’ils sont en train de prier.
 

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