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01.11.12

Jour 4

 



Karnak (suite)


Après la grande salle hypostyle, nous passons par une salle qui abritait 17 000 statues de pierre et de bronze, découverte dans les années 1900. Cette salle est d’ailleurs surnommée la « cour de la cachette ». Les prêtres du sanctuaire y avaient fait enterrer les statues pour les protéger des pillages et des conquêtes ennemies qui assaillaient l’Egypte.  Puis, nous nous dirigeons vers l’obélisque de Thoutmosis II, grand édifice blanc poli qui pointe vers le ciel. Un peu plus loin se trouve l’obélisque le plus connu, celui de la reine Hatchepsout, qu’on ne peut dissocier des nombreuses légendes que cette reine a inspirées. Nous cherchons un coin à l’ombre car le soleil est fort et Ayman nous demande de bien observer l’obélisque. On remarque que le bas de l’obélisque est noir alors que plus on se rapproche du sommet, plus il est blanc. C’est alors qu’Ayman, après nous avoir demandé si on avait une idée de la raison de cette différence, nous explique pourquoi.

Pourquoi l’obélisque de la Reine Hatchepsout est-il noir à sa base et complètement blanc à son sommet ?

Hatchepsout était la femme principal du pharaon Thoutmosis II, qui en avait une seconde mais dont l’importance était moindre qu’Hatchepsout. Hatchepsout n’eut pas d’enfant tandis que la femme secondaire  avait un fils. Quand le roi Thoutmosis II mourut, se posa alors la question de qui hériterait du pouvoir car, Hatchepsout, étant une femme, ne pouvait pas gouverner l’Egypte, de même que le fils de la seconde femme du pharaon, car il n’était qu’un fils « secondaire ». Les prêtres inventèrent donc  une histoire pour qu’il puisse régner, affirmant que ce fils secondaire, n’était en fait pas le fils de la seconde femme du pharaon précédent, mais d’Hathor, la déesse de l’éternité. Il prit alors le nom de Thoutmosis III. Mais Hatchepsout, elle aussi convoitait le pouvoir, et avec l’aide des prêtres qui affirmèrent qu’elle est la fille du Dieu Râ (le Soleil), elle réussit à s’emparer du trône d’Egypte et régna seule pendant 23 ans. C’est pendant son long règne qu’elle fit ériger son obélisque, dont la forme représente un rayon de soleil, c’est-à-dire le dieu Râ. Pour se venger, Thoutmosis III construisit une salle autour de l’obélisque, enfermant sa base, pour couper la Reine symboliquement Hatchepsout du Dieu Râ. La partie de l’obélisque qui se trouvait dans la salle (maintenant détruite) a donc mieux été conservé que le haut, devenu blanc à cause du soleil qui a décoloré le granite noir à l’origine.







Nous poursuivons l’exploration de cet immense complexe religieux par le cœur du temple, le Sanctuaire de la Barque Sacrée d’ Amon. On peut voir une pierre, socle sur lequel on posait la barque sacrée. Ce temple a été construit par le roi Alexandre, venu conquérir les terres d’Egypte. Devenu pharaon, il s’inscrivit dans la tradition de l’Ancienne Egypte qui veut que chaque roi ajoute un élément au temple de Karnak, en construisant ce sanctuaire.

 

 

 

 





Nous pénétrons ensuite dans une autre salle hypostyle, certes moins colossale que la première, mais qui rivalise en terme de beauté car  il y a beaucoup de trace de pigments colorant les hiéroglyphes. Des chrétiens s’étaient réfugiés dans cette salle dont ils se servaient comme d’une église, étant alors persécutés en Egypte et ne pouvant établir d’autres lieux de cultes. Il y a même une statue de pharaon qui a été détournée et remodelée en Jésus-Christ crucifié, ce qui est du coup assez comique à voir. 

Nous nous baladons ensuite dans les parties les plus anciennes du temple, beaucoup plus délabrées, dont il ne reste presque rien à part quelques ruines du Sanctuaire d’ Amon original, le premier construit à Karnak. Nous passons ensuite par le Lac Sacré dans lequel les prêtres se baignaient pour se purifier. 


 

 




Nous rejoignons un endroit très fréquenté du temple, où se trouve la statue du scarabée géant, construit par Aménophis III. Ce scarabée est une forme du dieu Soleil, Râ. Aujourd’hui, une légende raconte qu’il faut faire sept fois le tour du scarabée pour avoir de la chance ! Du coup, on peut voir des dizaines de touristes tourner en même temps autour de la statue, ce qui nous a bien fait rire !

Qui est le dieu Râ ?

Râ ou Rê est la plus importante divinité solaire, dieu suprême vénéré par les anciens Égyptiens. C’est un dieu multiple avec de nombreuses identités et représentations. Râ n’est pas le créateur du monde mais celui qui en a pris possession après qu’Atoum l’ait confectionné. Râ est le dieu soleil, qui effectue son cycle journalier, se levant sur le monde des vivants le jour et des morts la nuit. Il peut être représenté sous la forme du disque solaire, d’un scarabée ou d’un homme à tête de faucon couronné du disque solaire encerclé par un cobra, tête relevé sur le front du dieu.

 

 

 

 


Nous regagnons l’entrée du temple et nous nous arrêtons devant la gigantesque statue de Ramsès II et de sa femme représentée à ses pieds en miniature par rapport à son mari, que nous n’avions pas pu admirer avant car il y avait trop de monde. Coup de chance, il n’y avait personne pendent quelques dizaines de secondes et nous avons pu photographier cette statue sans personne à ses pieds (tous les touristes se prennent en photos à côté de la statue et il faut faire la queue habituellement pour avoir une place !).

Nous quittons ce somptueux sanctuaire, qui nous a fait plonger durant toute une matinée, au cœur des traditions égyptiennes ! Nous avons passé plusieurs heures sur ce site, qui vaut réellement le détour, on ne voit pas le temps passer.


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