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01.11.12

Jour 4


Temple de Louxor

Nous visitons ensuite le Temple d’Amon de Louxor, celui qui accueille la statue du dieu Amon lors de la fête d’Opet. Ce temple a d’ailleurs été édifié exclusivement pour cette fête. Nous rentrons dans ce temple, comme à Karnak, par l’Allée des Sphinx qui relie les deux temples : c’est la Voie Sacrée. Louxor signifie « palais » en arabe car lorsque les peuples arabes sont arrivés devant les temples, ils ont d’abord pensé qu’il s’agissait d’anciens palais et c’est pour cela que la ville porte ce nom aujourd’hui.

Ticket d'entrée du Temple de Louxor

Ce qui attire premièrement l’attention, c’est l’obélisque qui se dresse à gauche devant la première façade. Un autre, semblable au premier, se trouvait à droite, mais il a été offert à la France et c’est cet obélisque que l’on peut voir aujourd’hui Place de la Concorde à Paris. De même, deux grandes statues de Ramsès II, encadrent l’entrée, tels les éternels gardiens du temple. Nous nous avançons dans la Grande Cour de Ramsès II. 



 

 




A notre droite, on retrouve comme à Karnak, les trois reposoirs d’Amon, Amonèt et Khonsou, construits par la Reine Hatchepsout. On observe aussi des colonnes entourant la cour, des colonnes qui ont cette fois la forme du lotus. 



 

 

 

 





Mais ce qui attire notre attention, c’est la mosquée qui trône en plein milieu du temple égyptien ! Celle-ci a été construite en 1885 par le cheikh Abbou al-Haggag. 





 

 

 

 

 



Nous marchons et passant devant les statues de Ramsès II dont on a cassé les pouces. C'est un acte de malveillance symbolique, les pouces étant symbole de pouvoir, sûrement effectué par des opposants à ce roi, un héritier du trône égyptien mécontent de son père, des chrétiens ou musulmans opposés à la religion pharaonique.

 

 

Puis nous nous arrêtons devant une statue de Ramsès II assis, dont le trône est orné d’une représentation à la signification intéressante.

Deux dieux attachent le lotus, symbole de la Haute-Egypte et le Papyrus (plante dont la fleur est un triangle renversé, à gauche de la trachée), et el Lotus (à droite) symbole de la Basse-Egypte à la trachée (au milieu) du roi qui mène jusqu’au cœur (au niveau des pieds des dieux). L’union de ces symboles a pour but de montrer l’unité de l’Egypte.

 


 

 




Nous rejoignons la très belle Colonnade d’Aménophis III, grande cour carrée entouré d’une double rangée de colonne de chaque côté. On remarque que les cartouches situées en haut des colonnes ont été martelées et c’est Ayman qui va nous expliquer pourquoi.

 


Pourquoi a-t-on martelé certaines cartouches dans le Temple de Louxor ?

Les cartouches sont des rectangles à bordure arrondies dans lesquelles on marque le nom des rois. Le dieu majoritairement vénéré dans la mythologie égyptienne est Amon. Mais lors du règne d’Amenhotep IV, ce dernier initia une révolution religieuse, en voulant remplacer le dieu principal Amon par Aton. Du coup il prit le nom d’Akhenaton (où l’on retrouve « aton ») au lieu d’Amenhotep (préfixe « amen » pour le dieu Amon). Il voulut imposer ce culte de force, mais il n’y parvint pas. Dans les cartouches du temple de Louxor qui ont été martelées est inscrit le nom du roi Aménophis III. Or dans le nom d’Aménophis III, on retrouve la racine « amen », du dieu Amon, et c’est pour cela qu’Akhenaton fit marteler cette partie de son nom dans les cartouches à Louxor.



 





Nous retrouvons bien sûr la fête d’Opet sur les murs du temple.

A présent, nous visitons la salle hypostyle du sanctuaire puis entrons dans le Sanctuaire de la barque d’Amon, reconstruit par le roi Alexandre, toujours dans la tradition qui voulait qu’un pharaon rajoute une partie au sanctuaire. A l’intérieur, les figures des dieux sont martelées, cette fois-ci sûrement par les chrétiens qui rejetaient le culte polythéiste des idoles égyptiennes. 
Nous faisons le tour du Sanctuaire d’Amon, lui-même encerclé par quatre hauts murs, remplis de hiéroglyphes. Nous nous arrêtons devant une représentation du dieu Min, ou Amon-Min, dieu de la fertilité, souvent confondu avec Amon. 

Qui est le dieu Min ou Amon-Min ?

Min est le dieu de la fertilité, représenté en homme ithyphallique, son bras droit tendu vers l’arrière et serrant dans sa main le fouet royal. Il est coiffé d’une couronne à deux plumes, ce qui rappelle la couronne du dieu Amon. En effet, ces deux dieux sont souvent confondus dans le panthéon égyptien, d’où son deuxième nom de Amon-Min. On raconte qu’à une époque très éloignée, les égyptiens sont partis en guerre et ont laissé le dieu Min dans la région de Louxor. A leur retour, les Egyptiens découvrent que toutes les femmes sont tombées enceintes par la faute de ce dieu. Pour le punir, on lui coupe un bras et une jambe (c’est pour cela que l’on ne voit qu’une jambe et un bras tendu vers l’arrière sur sa représentation) et on jette son corps dans le désert. La végétation commence à pousser dans cette région pourtant désertique et le sol devient fécond, créant Vallée du Nil à la végétation luxuriante. C’est depuis cet incident légendaire que le dieu Min est appelé le dieu de la fertilité.


Nous contemplons d’autres représentations sur ces murs (cliquez sur la photo pour avoir la légende) :



 

 

 

 



La dernière salle que nous visitons est  une partie, située tout au fond du temple, qui a été reconvertie en chapelle gréco-romaine comme l’atteste la niche en forme de demi-cercle creusée dans l’épais mur de granite ainsi que des traces de fresques chrétiennes qui côtoient des hiéroglyphes et dont les couleurs ont été bien conservées. 

Voici d’autres scènes gravées dans les murs du Temple de Louxor (cliquez sur la photo pour avoir la légende): 

 


 

Notre visite s’achève ici et nous nous rendons sur un bateau de croisière sur lequel nous allons passer quatre jours. Après nous être installés et s’être un peu reposés, nous décidons de regagner la ville de Louxor, sur les conseils d’Ayman, pour aller voir le Temple de Louxor de nuit. L’éclairage donne une toute nouvelle dimension à ce temple et en particulier l’Avenue des Sphinx dont chaque statue est éclairée individuellement. Le temple en granit illuminé de lumières jaunes ressort en contraste avec le ciel bleu nuit, gardé par ses nombreux sphinx d’or,  conférant un air encore plus mystérieux à ce bâtiment. Malheureusement, les photos rendent moins bien que la réalité !

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