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02.11.12

Jour 5

 

Vallée des Rois

Nous nous rendons ensuite dans la Vallée des Rois, tombeau de nombreux pharaons. Les rois sont enterrés dans des galeries souterraines creusées à même le flanc des montagnes rocheuses du désert de pierre. Mais alors, comment expliquer que certains rois sont enterrés dans les pyramides et d’autres dans des galeries souterraines ?
 

Une nouvelle forme de tombeau…

Au moment de la Nouvelle Période, les pyramides en forme de rayons de Soleil permettant de rapprocher le pharaon trépassé du dieu Râ se révèlent trop voyantes et sont souvent victimes de pillages. Pour remédier à ce problème, on décide de ne plus enterrer les rois et les reines dans des tombeaux visibles et on va cacher les momies des pharaons et leurs trésors dans des galeries creusées dans la pierre, allant jusqu’à 100 mètres de long, et dont on dissimule l’entrée pour que plus personne n’y ait accès. On dénombre à peu près 70 tombeaux dans la Vallée des Rois et quelques-uns restent encore à découvrir car certains pharaons manquent à l’appel. 

Malheureusement nous ne pouvons pas prendre de photos à l’intérieur des tombeaux. Dommage car c’est réellement magnifique ! Avant de rentrer dans les tombeaux, Ayman nous délivre quelques informations à propos de ces tombeaux. Il fait une chaleur de plomb et heureusement qu’il y a quelques bancs à l’ombre pour se protéger de ce soleil brûlant, nous rappelant que nous sommes quand même dans un désert.

Comment a-t-on construit les galeries ?

Pour construire ces tombeaux, il fallait à peu près 200 personnes, divisées en quatre équipes. La première équipe était chargée de creuser le flanc de la montagne, la deuxième de lisser les murs, la troisième de graver les hiéroglyphes et autres représentations et la quatrième de les peindre. Pour éclairer les tombeaux, les ouvriers utilisaient un système de miroir de bronze qui permettait de refléter la lumière du soleil jusqu’au fonde de la galerie. Ils étaient vraiment ingénieux les Egyptiens !

Pourquoi les tombeaux sont-ils toujours construits sur la rive ouest du Nil (que ce soit les pyramides ou les galeries souterraines de la Vallée des Rois et des Reines) ?

Tous les morts sont enterrés sur la rive ouest du Nil et jamais de l’autre côté. Cette pratique vient des croyances égyptiennes qui vénéraient de nombreux dieux et en particulier le dieu Soleil Râ. Il faut d’abord préciser qu’il y a deux étapes distinctes dans la mort : le voyage vers l’autre monde, qui est la transition entre le monde des vivants et celui des morts, et la résurrection dans le monde des morts (l’équivalent du Paradis). Le voyage vers l’autre monde consistait en la traversée d’un monde maléfique, le Nil Souterrain où le pharaon, aidé des dieux, affrontait les forces du Mal. Une fois qu’il avait traversé ce monde, il pouvait ressusciter dans le Monde des Morts, une sorte de Paradis. La particularité des croyances pharaoniques est que, pour les Egyptiens, le Monde des Morts, le Paradis, est la terre égyptienne, la même que celle du monde des vivants, ce qui est un peu difficile à expliquer. Les Egyptiens pensaient donc qu’en enterrant les morts sur la rive ouest, cela facilitait le voyage dans « l’autre monde ».  Le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest. Ce dieu soleil Râ, en se couchant à l’ouest, accompagnait le mort durant le voyage vers l’autre monde, l’aidant à traverser le Nil Souterrain (c’est pour cela qu’il y a des emplacements creusé dans le sol en forme de bateau à côté des pyramides, les Egyptiens y disposaient un réel bateau en bois pour aider le pharaon dans sa traversée du Nil souterrain) et son monde maléfique avant de se lever de nouveau à l’est, en ressuscitant le pharaon dans le monde des morts, la terre égyptienne. Le lever du soleil représente la renaissance du roi. Ainsi, on enterre toujours les morts à l’ouest, où le dieu Râ se couche et accompagne plus facilement le roi vers le monde des morts. Il faut noter aussi le fait que le Dieu Râ, le dieu du Bien, renaisse chaque matin après avoir affronté les forces maléfiques du Nil Souterrain représentent ainsi la victoire du Bien contre le Mal.

 

Nous descendons dans une première galerie et nous sommes époustouflés par les décors recouvrant entièrement tous les murs. Les hiéroglyphes ont conservé totalement leurs pigments dans de nombreux endroits, donnant une autre dimension aux gravures que l’on a l’habitude de voir décolorées. Des teintes ocre, jaune doré, bleu foncé, vert et rouge tapissent les murs millénaires, gardiens éternels du tombeau. Nous pénétrons à travers les hiéroglyphes dans le monde mystérieux des croyances égyptiennes. Ces galeries sont des œuvres d’art, c’est réellement splendide. La galerie est constituée d’un long couloir sur lequel se déploient de petites pièces de façon symétrique à droite et à gauche, où l’on entreposait les biens du roi, avant de s’ouvrir sur une salle avec le tombeau central où été disposée la momie.

Voici à quoi ressemble l’une de ces galeries :

 

 

Nous visitons plusieurs galeries, rivalisant de beauté les unes avec les autres en nous aventurant avec plaisir dans ces souterrains mystérieux.

Quelles sont les principales représentations que l’on trouve sur les murs des tombeaux ?

La plupart du temps, on représente le voyage du roi vers l’autre monde. On le voit accompagné de Râ et d’autres divinités qui l’aident pendant son voyage. On dessine les péripéties de ce voyage, par exemple la rencontre de serpents. Les divinités qui accompagnent le roi se changent en serpent pour les combattre et le roi, après avoir réussi toutes ces épreuves, peut se réincarner dans le monde des morts.

Mort ou vivant ?

Les Egyptiens représentaient leurs rois soit morts, soit vivants que ce soit en statue ou en dessin. Si le pharaon est représenté avec les pieds décalés et une barbichette carrée, alors il est vivant.
Si au contraire, il a les pieds joints et une barbichette pointue légèrement recourbée, le roi est mort. En effet, la barbichette pointue est un des attributs d’Osiris, le dieu des Morts.
Cependant, nous remarquons dans les tombeaux de la Vallée des Rois, une nouvelle représentation : le pharaon a à la fois les pieds décalés (vivant) et la barbichette recourbée (mort) ? Est-il mort ou vivant ? Ni l’un ni l’autre ! Cette représentation signifie que le roi a fini son voyage vers l’Autre Monde (dans le Nil souterrain) et a rejoint cet autre monde, celui des Morts dans lequel il est rené (ce participe passé du verbe "renaître" existe !).


Le tombeau de Toutankhamon

Le tombeau le plus connu de la Vallée des Rois est sûrement celui de Toutankhamon que nous ne visitons pourtant pas car Ayman nous affirme qu’il ne vaut pas réellement le coup (il faut repayer pour pouvoir le visiter, il est beaucoup plus cher que les autres et non compris dans le tarif de base du ticket de visite). Lorsque l’on pense à Toutankhamon, on voit le célèbre masque retrouvé sur sa momie, aux rayures d’or et bleues. Carter est l’archéologue qui a trouvé la tombe de ce pharaon, la maison où résidait Carter a d’ailleurs été conservée et transformée en hôtel. Nous l’avons vue, elle est assez petite et juchée au sommet d’une dune de pierre, sans aucune vue et une chambre coûte pourtant 1 200 dollars la nuit ! On ne comprend pas pourquoi car la Vallée des Rois en elle-même n’a rien d’exceptionnelle, ce sont seulement les tombeaux qui sont beaux, d’extérieur ce n’est qu’un désert rocailleux gris- jaunâtre. Revenons-en à Toutankhamon. Carter a retrouvé des richesses exceptionnelles dans ce tombeau, l’un des seuls à ne pas avoir été pillé. Même s’il est connu aujourd’hui, Toutankhamon n’a pas été un grand roi des temps pharaoniques et est mort à l’âge de 18 ans seulement. Et pourtant les richesses retrouvées dans son tombeau, par exemple un sarcophage tout en or de 110kg, attestent de la grande richesse des pharaons. Si un roi aussi peu puissant et jeune que lui pouvait avoir autant de richesses, on s’imagine à peine ce que pouvait posséder des rois comme Ramsès II, l’un des plus grands pharaons de l’histoire égyptienne ! Le fait que les trésors retrouvés dans le tombeau de Toutankhamon se trouvent aujourd’hui dans les musées et non plus dans sa tombe, que le prix soit très élevé, qu’il n’y ait pas de hiéroglyphes colorés exceptionnels et la queue nous dissuadent de visiter ce tombeau.

Le tombeau de la Reine Hatchepsout

Même si Hatchepsout n’était pas un roi mais une reine, elle est enterrée dans la Vallée des Rois. En effet, elle est la seule femme à avoir régné seule sur l’Egypte, au même titre qu’un pharaon. La Vallée des Reines accueille seulement les femmes des pharaons, qui n’ont jamais régné. En tant que pharaon, Hatchepsout a donc eu le droit d’être enterrée dans la Vallée des Rois mais on n’a pas retrouvé sa momie. En fait, son rival, Thoutmosis III, le fils de la seconde femme de Thoutmosis II, le mari d’Hatchepsout  dont on a déjà parlé, en a beaucoup voulu à la reine qui lui a usurpé le pouvoir. Comme on avait pu le voir à Karnak, Thoutmosis III s’était déjà vengé en construisant un mur autour de l’obélisque de la reine pour couper le contact de la reine avec le dieu Râ, mais cela ne lui a pas suffi. Pour accomplir entièrement sa vengeance, à la mort de la reine, il a caché la momie d’Hatchepsout car, pour que l’âme d’un défunt aille dans l’au-delà, elle a besoin de trouver sa momie, auquel cas elle est condamné à errer pour l’éternité. Si l’âme ne trouve pas sa momie, elle peut aussi se réincarner dans le monde des morts en rentrant par le nez d’une statue représentant le mort. Pour que sa vengeance soit complète, Thoutmosis III a alors cassé le nez à toutes les statues de la Reine. Ainsi, il condamne l’âme d’Hatchepsout à errer pour l’éternité, entre le monde des vivants et des morts. 

Vallée des Reines

A présent, direction la Vallée des Reines, où les photos sont aussi interdites. Nous visitons plusieurs tombeaux plus petits que ceux de la Vallée des Rois, mais certains ont des peintures magnifiques, mieux conservées que certains tombeaux de la Vallée des Rois. Dans la Vallée des Reines, on enterre bien sûr les femmes des pharaons mais aussi leurs enfants quand ils meurent avant d’avoir accéder au trône. Dans une des tombes, nous avons même pu voir la momie d’un fœtus ! Il y a une des tombes que l’on ne peut pas visiter, celle de la reine Néfertari, où apparemment la conservation des peintures est exceptionnelle. Ayman nous montre quelques photos de ce tombeau et c’est vrai que les hiéroglyphes colorés sont extrêmement bien conservés, comme s’ils n’avaient subi aucune dégradation depuis leur création. Ça donne très envie de le visiter mais on s’abstiendra car il faut réserver trois mois à l’avance et ça coûte minimum 1000 euros, de quoi nous décourager…




 

Représentations

Dans les tombeaux des Reines, on trouve des représentations du même type que dans le tombeau des rois, représentant le voyage vers l’Autre Monde, sauf que cette fois-ci, c’est le roi qui présente sa femme aux dieux, et ses enfants quand il y en a pour qu’eux aussi puisse effectuer ce voyage vers l’autre monde. 

Nous quittons la Vallée des Reines et sa chaleur suffocante pour remonter à bord de notre bateau qui ne va pas tarder à partir. Nous passons l’après-midi sur la terrasse du bateau avec Ayman, d’où nous pouvons contempler les magnifiques paysages du Nil défiler devant nous...

 



Plus tard, lorsque la nuit est déjà tombée, nous descendons à la cabine de pilotage pour assister au passage de l’écluse d’Esna. Nous remontons sur le toit et pendant que l’écluse se remplit, de nombreux vendeurs sur les quais en profitent pour essayer de nous faire acheter leurs marchandises. Ils nous lancent des foulards et djellabas que nous leur renvoyons ensuite ! Nous descendons manger dans la salle de restaurant avec Ayman, où nous sommes censés nous présenter en tenue « respectable », c’est-à-dire pas de tongs, de shorts…On fait tout le contraire, nous sommes tous les trois en tongs et en bermudas, de toute façon nous n’avons pas d’autre habits et nous ne sommes pas venus pour ça en Egypte ! Nous gardons nos habits de marcheurs au milieu des robes de soirées…Les repas du bateau ne sont pas terribles car très « européanisés », destinés aux touristes qui vont dans un pays étranger mais  veulent manger comme chez eux…  

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