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03.11.12

 

Jour 6

Pendant la nuit, nous sommes arrivés à Edfou et ce matin, nous sommes réveillés par le son des sabots martelant le sol. En effet, Edfou est connu pour abriter l’objet de notre prochaine visite, le Temple d’Horus, mais aussi de très nombreuses calèches. Il y en a des dizaines qui attendent sur le quai les touristes descendus des bateaux. Nous prenons nous aussi l’une de ses calèches pour rejoindre le site. Malheureusement, l’état des chevaux est à déplorer, ils sont souvent maigres, ont les tendons gonflés, des déformations, les crins et le pelage terne…Ils travaillent toute la journée, tirant une carriole remplie de touristes sous une chaleur de plomb, obligés de trotter rapidement…

Temple d’Horus à Edfou

Nous arrivons devant une grande façade au centre de laquelle se trouve la porte d’entrée du temple datant de l’époque gréco-romaine. Ce temple est dédié à Horus, le dieu-faucon, un des plus vénérés dans la religion de l'Egypte ancienne.

Qui est le Dieu Horus ?

Son nom Horus (Hârou en Ancien Egyptien) signifie « Le Lointain » ou « Celui qui est élevé », « Le Haut ». Fils du Dieu Osiris et de la déesse Isis, Horus est l’un des plus grands, des plus anciens mais aussi des plus diversifiés dieux du panthéon égyptien. En effet, il revêt une trentaine de formes différentes. Ses fonctions et ses représentations sont donc très variées mais nous allons seulement voir ses principales caractéristiques.  Il est généralement représenté soit sous la forme d’un faucon, soit sous la forme d’un homme à tête de faucon, et peut aussi être coiffé du Pschent (double couronne portée par les pharaons composés de la couronne de la Haute-Egypte et de celle de la Basse-Egypte, symbole de l’unité de l’Egypte). Sa plus ancienne fonction est d’être le dieu du Ciel dont les ailes symboliquement enserrent le ciel en protégeant la terre. Un mythe tentant d’expliquer les mouvements cosmiques associent l’œil droit d’Horus au Soleil et l’œil gauche à la Lune, ce qui confirme qu’il est bien le dieu du Ciel. On raconte que Seth, dieu symbole des forces nocturnes arracha l’œil lunaire, le découpa en six morceaux qu’il jeta dans le fleuve. Thot retrouva les cinq morceaux et remplaça miraculeusement le  sixième manquant, redonnant ainsi son œil entier à Horus. Mais Horus est surtout connu pour être le dieu de la royauté qui règne sur les deux Egypte  (la Haute-Egypte et la Basse-Egypte) et c’est pour cela qu’il est fréquemment coiffé du Pschent. Le pharaon est d’ailleurs considéré comme le représentant d’Horus sur terre, et Horus devient alors le principal dieu protecteur du roi. Puis, à l’époque gréco-romaine, Horus devient un dieu guerrier, comme on peut le voir à Edfou, luttant contre Seth et les autres dieux maléfiques. C’est le symbole de la permanente lutte entre les forces du Bien et du Mal, permettant l’équilibre du monde. 

Nous observons sur l’immense façade qui fait office d’entrée du temple, plusieurs représentations.

 

 

 

 

Ticket d'entrée du Temple d'Horus à Edfou

 

 

 

Les deux parties de la façade possèdent exactement les mêmes représentations, comme un miroir.
Si on prend la façade de gauche, on voit Ptolémée XII, aidé d’Horus (faucon au-dessus de sa main levée au ciel) en train de massacrer un tas d’ennemis représentés par une multiplication innombrable de bras et de jambes… 

… devant le dieu Horus (à droite) et sa femme Hathor (à gauche).







Et au-dessus des combats héroïques, on peut voir tout un tas de dieux que nous essayons de reconnaître grâce à leur coiffe, maintenant qu’on commence un peu à s’y connaître. On repère Hathor, Isis, Nephtys mais aussi d’autres qu’on ne connaît toujours pas…Ce n’est pas possible d’avoir autant de dieux !


Au-dessus de l’entrée du temple, on peut voir le symbole ci-dessus :

Un symbole de protection

C’est un symbole de protection, souvent utilisé par les Anciens Égyptiens et que l’on retrouve dans de nombreuses constructions. Pour comprendre ce symbole, il faut connaître l’une des histoires de la mythologie égyptienne. Dans des temps très anciens où le monde était encore peuplé par les dieux, les ennemis des Egyptiens composés du Dieu Seth, symbole des forces nocturnes, escorté par ses compagnons, envahirent la terre d’Egypte. Pour les repousser, Râ appela le dieu faucon Horus au ciel qui massacra les ennemis et ainsi ils remportèrent la guerre. L’association de la représentation du disque solaire représentant Râ et des ailes d’Horus est alors devenue un symbole de protection, en mémoire de ce combat gagné. 

 

Nous avançons vers l’entrée et passons devant deux belles statues de faucon représentant Horus qui sont d’origine. Nous pénétrons dans la première grande cour, la Cour des Offrandes, encerclée de colonnes. 

On voit que le style de l’époque gréco-romaine a changé par rapport au Nouvel Empire et périodes antérieures car les colonnes ne sont plus en forme de lotus ou papyrus mais sont toutes différentes avec des ornements propres à chacune. 

Quelques représentations de la Cour des Offrandes :



Une autre fête d'Opet

Cette scène représente une sorte de Fête d’Opet, célébrant non plus le mariage entre Amon et Amonet mais entre Horus et Hathor. Le principe est le même, on transporte la statue du dieu sur une barque sacrée, accompagnée de divinités et du roi. On voit, à gauche, la barque d’Horus avec une statue de proue représentant Horus et à droite, la barque d’Hathor, sa femme, ornée d’une statue de proue à l’effigie de la déesse. On peut même voir à l’intérieur des barques (au niveau des rectangles centraux) les statues respectives d’Horus et Hathor, posées sur une toute petite barque.
 

 


 

Un symbole de vie éternelle

Sur les colonnes de la cour, on trouve ces représentations dont Ayman nous explique la symbolique.

Tout d’abord, la « clé de la vie » ou  Ankh , objet que l’on retrouve sur toutes les constructions égyptiennes, est le symbole de la vie éternelle. En effet, pour les Egyptiens, l’autre monde, notre paradis en quelques sortes, est la terre égyptienne. La clé de la vie représente l’Egypte (voir schéma à gauche ci-dessous)


La clé de la  vie est entourée par deux bâtons de pouvoir. Le « bâton de de pouvoir » dont le vrai nom est l’Oas est donné par les dieux au pharaon pour lui conférer 1000 ans de règne. Il symbolise aussi la « vie éternelle ». La demi-coupole renversée représente quant à elle la terre (voir schéma à droite ci-dessous).



 

Des cartouches vides, étrange non ?

Comme on l’a déjà dit, les cartouches servaient à inscrire le nom des rois qui marquaient ainsi la partie du temple qu’ils avaient construite, la rajoutant aux autres salles déjà construites par leurs prédécesseurs. Mais voilà, le problème est qu’à l’époque de la construction de la salle des offrandes, on ne savait tout simplement pas qui était le roi ! En effet, il y avait une guerre pour le trône d’Egypte entre deux Ptolémée (tous les pharaons gréco-romains se sont appelés Ptolémée, il y en donc une quinzaine !) et la reine Cléopâtre VII. Du coup, on n’a pas pu trancher pour savoir qui avait construit cette partie du temple d’où les cartouches vides !

 

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