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03.11.12 

Jour 6

Temple d'Horus à Edfou (suite)

Nous rentrons ensuite dans une salle hypostyle extérieure. A gauche se trouvait une salle où les prêtres faisaient leurs ablutions et à gauche une petite bibliothèque dans laquelle on a retrouvé des textes expliquant le déroulement de la prière.

Comment priait-on à l’époque des Anciens Egyptiens dans le Temple d’Horus ?

Au fond du  temple, se trouve le sanctuaire d’Horus où l’on disposait la statue du dieu. On faisait des offrandes à la statue sous quatre formes : du parfum, des vêtements et bijoux, des offrandes solides (nourriture) et des offrandes liquides (boissons). C’est pour cela que dans le Temple d’Horus, on trouve quatre salles, chacune dédiée à la confection d’un type d’offrandes. On effectuait ces offrandes trois fois par jour : au lever du soleil, à midi et au coucher du soleil. On déposait alors les offrandes de nourriture. La statue, déposée sur un socle, était disposée de façon à recevoir un rayon de soleil, qui la « gorgeait » d’énergie et les prêtres pensaient que de cette façon la statue « mangeait » les offrandes.  Les offrandes, qui n’étaient bien sûr pas mangées, étaient redistribuées dans l’ordre aux prêtres, aux nobles puis aux ouvriers (car il s’agissait de quantités assez conséquentes). Il y avait de nombreux prêtres qui officiaient dans la « maison d’Horus » et qui avaient accès aux salles en fonction de leur grade. Par exemple, seul le chef des prêtres et le roi pouvait pénétrer dans le sanctuaire où se trouvait la statue.

A présent, nous entrons dans la salle hypostyle intérieure, où se trouve dans chaque coin une salle dédiée à un type d’offrande :

Quelques représentations que l’on trouve dans la salle hypostyle intérieure :

Le roi portant une peau de lion (la tête sous son aisselle droite et les pattes au niveau des genoux), symbole de la déesse lionne Sekhmet, déesse de la Guerre.

Horus au centre

Le Laboratoire

Le laboratoire servait à la confection des parfums et on peut voir de grands pans de murs entièrement rempli de hiéroglyphes dans des colonnes verticales, qui donnent le nom de toutes les plantes utilisées, on en a dénombrées 80.

Nous passons devant le sanctuaire d’Horus dans lequel on a reconstitué la barque sacrée puis nous nous dirigeons dans la petite Chapelle de Nout. Au plafond, on peut voir des traces de la représentation de la déesse. Elle est représentée comme un cadre enfermant le ciel étoilé en son sein.


Qui est la déesse Nout ?

Nout est la déesse de la voûte céleste et incarne le ciel. Elle peut être représentée sous l’apparence d’une jeune femme, sans attribut spécifique mais on la trouve plus généralement représentée le corps arc-bouté au-dessus de la terre qu’elle touche de ses mains et ses pieds, formant un cadre rectangulaire. De plus son corps est rempli d’étoiles et par ce moyen, les Anciens Egyptiens représentent la voûte céleste. Si elle est principalement la déesse du ciel, il ne faut pas oublier que Nout est aussi à la fois la fille de Râ et sa mère. En effet, dans les représentations de la déesse, on la voit avaler le soleil et le mettre au monde chaque matin.


Nous conduisons maintenant nos pas derrière le sanctuaire où se trouve un mur représentant la légende du dieu Osiris et du dieu Seth.

Qui est le dieu Osiris ?

En ancien égyptien, le mot « osiris » est difficile à traduire. Il peut signifier le « Siège de l’œil », « l’œil Puissant » ou le « Siège de la Puissance ». Ce dieu est représenté sous une forme humaine, à l’aspect momiforme, coiffé du Hedjet (couronne blanche de la Haute-Egypte), affublé de deux plumes. Ses bras sont croisés sur sa poitrine, tenant les symboles de la royauté. Il est à l’origine le premier roi  légendaire d’Egypte, et après sa mort, il devint le roi des morts, cédant alors à son fils Horus le trône de l’Egypte, c’est-à-dire aux pharaons humains car ils sont les représentants du dieu Horus sur Terre.

 

Qui est le dieu Seth ?

Son nom provient d’un terme égyptien signifiant « Celui du Sud ». Seth est souvent représentant en homme à tête d’animal difficilement identifiable et porte soit le Pschent (double couronne d’Egypte), soit le Hedjet (couronne Blanche de la Haute-Egypte). C’est un dieu protecteur mais aussi très connu pour son caractère violent. Il fait plutôt partie des dieux malfaisants, ou comme nous les appelons pour simplifier des « dieux méchants ». 


 

Légende d’Osiris et de Seth

Osiris et Seth sont deux dieux frères. A cause de leur rivalité, Seth assassine  son frère Osiris en le noyant dans le Nil, et Osiris  devient alors le dieu de « l’autre monde », c’est-à-dire le dieu des morts. Horus, le fils d’Osiris, veut venger son père et pour cela il engage une bataille navale sur le Nil. Il attrape Seth (représenté en hippopotame avec une tête de crocodile) et le donne à Osiris. Seth va être jugé par les dieux de l’autre monde puis finalement tué. Horus ne le tue pas lui-même, car il est le dieu qui fait le Bien. Le combat entre Seth et Horus est le symbole de la permanente lutte entre les forces du Bien et du Mal, nécessaire à l’équilibre du monde. Lors de ce combat, Seth réussit tout de même à arracher l’œil gauche d’Horus, qu’il découpe en morceaux et jettent dans le Nil. Thot réussit à reconstituer l’œil, qui devint un symbole de protection, appelé Œil Oudjat et très connu aujourd’hui.

Cette scène dépeint la bataille navale engagée par Horus sur le Nil. On voit Horus, sur une barque, en train de capturer avec des cordes le dieu Seth au fond de l'eau (représenté en hippopotame avec une tête de crocodile mais on ne le voit pas très bien sur cette image).

Ici, on peut voir Horus, qui après avoir capturé Seth, le présente à Osiris, pour que ce dernier soit jugé (on distingue mieux le dieu Seth représenté en hippopotame avec une tête de crocodile). Derrière Horus, on peut voir sa femme Hathor.

Nous reprenons la calèche et rentrons au bateau qui ne va pas tarder à partir. En attendant, nous montons sur la terrasse et observons les dizaines de calèches d’Edfou ramener les touristes au bateau. Beaucoup de chevaux ont l’air exténués – il doit faire plus de 35°C car il est presque midi – et de nombreux sont en mauvais état, leurs côtes saillantes et leur crinières clairsemées… Mais il faut avouer que le contexte est difficile : avec le « Printemps Arabe », la révolution contre Moubarak, les manifestations dissuadent les touristes de venir en Egypte… Il y a moins de touristes mais toujours autant de conducteurs de calèches, c’est donc difficile de concilier tous ces enjeux. Le climat économique du pays est d’ailleurs au ralenti. Aujourd’hui, ce sont les Frères Musulmans qui sont au pouvoir mais ils ont bien du mal à relancer l’économie…L’heure de partir arrive et nous voyons notre immense bateau s’éloigner progressivement des quais d’Edfou en direction de Kom-Ombo. 

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