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03.11.12 

Jour 6
 

Le Temple de Kom-Ombo

Il fait déjà nuit lorsque nous arrivons à Kom-Ombo, prochain lieu de notre périple, où nous allons visiter le Temple de Kom-Ombo. Même si ce n’est pas l’idéal pour prendre des photos quand on est amateur, visiter le temple en pleine nuit tout illuminé est très plaisant.
Ce temple est un peu spécial car il est à la fois dédié à Horus et à Sobek. Mais pour commencer…

Qui est le dieu Sobek ?

Son nom signifie probablement crocodile en ancien égyptien car celui-ci est toujours représenté sous la forme d’un crocodile ou d’un homme à tête de crocodile. Il porte une couronne surmontée d’un disque solaire, de deux plumes, de deux cornes et de deux têtes de cobras protecteurs. Il est le maître des eaux, en référence aux nombreux crocodiles qui peuplaient le Nil à l’époque de l’Egypte Antique. C’est un dieu malfaisant, ou comme nous les appelons familièrement maintenant « un dieu méchant » qui était pourtant vénéré dans toute l’Egypte car il inspirait une grande crainte.

 

 

Pourquoi le temple de Kom-Ombo est-il associé à deux dieux ?

Le sanctuaire de Kom-Ombo est construit de façon symétrique : la partie gauche est dédiée à Horus, un dieu du Bien et la droite à Sobek, un dieu du Mal. Alors pourquoi les Egyptiens vénéraient-ils Sobek à Kom-Ombo ? En fait, on remarque que le temple est construit très près du Nil, à quelques mètres à peine. A l’époque des Anciens Egyptiens, il y avait encore les crues du Nil, qui apportaient avec elles, son lot de crocodiles. Par crainte, les Egyptiens venaient prier au temple et faire des offrandes au dieu Sobek pour le calmer et se protéger des attaques de crocodile sur les berges du Nil en crue.  

Nous commençons par examiner la façade puis continuons avec  une salle hypostyle extérieure – on commence à avoir l’habitude ! – mais qui a une particularité, elle est coupée en deux, une partie pour Sobek, une autre pour Horus et c’est ainsi dans tout le temple.

Quelques représentations...

Sobek et Horus qui bénissent le roi Ptolémée XII

De gauche à droite : Isis - Sobek – Nekhbet , la déesse de la Haute-Egypte – le roi Ptolémée – Ouadjet, la déesse de la Basse Egypte
Nekhbet et Ouadjet couronnent le roi Ptolémée XII.







De gauche à droite : Ibis - Hathor- Roi - Sekhmet - Horus
Les dieux en train de couronner le roi Ptolémée XII.


Qui est Sekhmet ?

Sekhmet signifie en ancien égyptien, « La Puissante ». Elle est une déesse lionne et est donc représentée, soit sous la forme de lionne, soit sous la forme de femme à tête de lionne. Sekhmet est considérée comme étant « l’œil gauche du dieu Râ » et a d’abord un rôle de mère et de protectrice des pharaons. Son caractère sauvage, agressif et violent  s’est peu à peu affirmée : elle s’est alors impliqué dans des guerres en aidant les pharaons à remporter leur bataille, et c’est ainsi qu’elle devint  la déesse de la guerre. On peut trouver de temps en temps les pharaons représentés avec une peau de lion sur le torse.

Le calendrier égyptien

Dans cette salle hypostyle extérieure, nous croisons également le calendrier égyptien.

 

 

 

Dans les grandes cases rectangulaires, il y a marqué la date en chiffre et en face dans les colonnes verticales plus étroites, le type d’offrande que l’on doit faire ce jour.
A côté de ce calendrier, on trouve la représentation de la déesse Sekhmet en trois fois : jeune, mature puis vieille, symbolisant ainsi les trois saisons que comptait le calendrier égyptien.

A présent, nous entrons dans la salle hypostyle intérieure dont nous observons quelques représentations.
 





Ci-contre : Nekhbet , la déesse de la Haute-Egypte (à gauche) et  Ouadjet, la déesse de la Basse Egypte (à droite), couronnant le roi Ptolémée XII du Pschent. Ceci symbolise l’unification de l’Egypte.

 

 



Le Temple de Kom-Ombo, plus qu’un lieu religieux

Comme on l’a déjà dit, le dieu Horus revêt une trentaine de formes, et l’une de ces formes fait de lui le dieu de la médecine. Le temple de Kom-Ombo possède une particularité, outre le fait qu’il soit dédié à deux dieux, car il faisait également office d’hôpital. Derrière les sanctuaires d’Horus et Sobek où l’on déposait les statues, on a retrouvé des chambres pour les malades, les blessés, les accouchements….
 

Les représentations liées à la médecine se trouvent principalement sur le mur d’enceinte extérieur à l’arrière du sanctuaire.

A gauche : Etape de l’accouchement : en haut, c’est la femme avant l’accouchement et en bas la femme après l’accouchement. Vous ne voyez pas la différence ? En fait la femme en bas a des seins signifiant qu’elle a commencé à allaiter et pas celle du haut.

Au centre : Instruments chirugicaux divers

A droite : Un roi assi


D'autres représentations du sanctuaire...

Ptolémée XII

C’est une représentation que nous avons déjà rencontrée à Louxor, à l’exception que la tête des deux dieux a été effacée, sûrement par les chrétiens qui rejetaient la religion polythéistes des égyptiens. Deux dieux attachent le lotus, symbole de la Haute-Egypte et le papyrus (plante dont la fleur est un triangle renversé, à gauche de la trachée), et el Lotus (à droite) symbole de la Basse-Egypte à la trachée (au milieu) du roi qui mène jusqu’au cœur (au niveau des pieds des dieux). L’union de ces symboles a pour but de montrer l’unité de l’Egypte.

Le roi  qui fait la guerre avec Sekhmet, la déesse lionne de la guerre qui est train de manger le bras des ennemis, qui ont la forme d’un crocodile. La lionne avale symboliquement le dieu malfaisant Sobek.

Le long d’un mur se trouve une douzaine de représentations alignées, toutes semblables à celles-ci. On remarque une particularité : les cartouches sont comme « fortifiées » et à l’intérieur est inscrit le nom d’un pays, différent à chaque cartouche. Ces dessins représentent toutes les nations ennemies vaincues par l’armée égyptienne.

A côté du sanctuaire, se trouve un musée que nous visitons. A l’intérieur, nous trouvons des objets surprenants : des dizaines de crocodiles momifiés ! Il y a même des bébés et des œufs de crocodiles momifiés ! Les chercheurs ont retrouvé tout un cimetière rempli de ces crocodiles, témoignage du culte très important rendu au dieu Sobek.

 

 





Nous achevons ainsi notre journée et remontons à bord du bateau qui va naviguer toute la nuit jusqu’à Assouan. Le soir nous discutons sur la terrasse du bateau avec Ayman, qui nous parle un peu de l’Egypte en ce moment et témoigne des évènements qui ont chamboulé le pays récemment.

L’Egypte d’aujourd’hui

Révolution égyptienne 

Moubarak était le « président » de l’Egypte depuis trente ans et arrivaient à se maintenir au pouvoir grâce à de fausses élections. Ce n’était pas qu’elles étaient totalement fausses, mais les seuls candidats qui se présentaient (enfin, les seuls qui pouvaient se présenter) avaient des programmes sans aucun intérêt pour ne pas dire pourris, donc à chaque fois, les élections aboutissaient à la réélection de Moubarak. Cependant la révolution égyptienne a réussi à détrôner ce président ce qui a entraîné l’élection des Frères Musulmans au pouvoir. Ce n’est pas vraiment par une vraie volonté de la part des Egyptiens de mettre ce groupe au pouvoir, ils l’ont élu par défaut. En effet, les Egyptiens préféraient la politique de Moubarak mais, pour ne pas avoir l’impression de faire marche arrière après la révolution, ils ont élu les Frères Musulmans, les seuls capables de diriger le pays à ce moment. Depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau président, Mohamed Morsi, il y a trois mois, rien n’a vraiment changé en Egypte. L’économie est au ralenti et la politique de Moubarak semble perdurer, donnant l’impression aux Egyptiens que la révolution n’a pas changé grand-chose si ce n’est l’augmentation du chômage dû à la fuite des touristes, principal revenu de l’Egypte. D’ailleurs Ayman nous a dit qu’avant de nous avoir comme clients, cela faisait trois mois qu’il n’avait pas eu de travail. Il n’a pas perdu son temps puisqu’il a commencé à apprendre le chinois, en plus du français et de l’anglais qu’il parle couramment ! Bref, il y a deux-trois jours, il y a eu des manifestations au Caire car les Frères Musulmans voulaient faire passer une loi obligeant tous les établissements (commerces, restaurants,…) à fermer à 22h alors qu’ici les gens vivent presque exclusivement la nuit ! A 22h, tout est ouvert, les gens sortent de chez eux, vont au bar, discutent avec leurs amis, surtout au Caire. Ce serait comme ordonner la fermeture de tous les restaurants de Paris à 22h ! Heureusement, après des manifestations, les Egyptiens ont obtenu gain de cause. Même s’il y a eu ces manifestations pendant que nous étions sur place, il faut noter tout de même que l’Egypte est loin d’être un pays dangereux comme les médias se plaisent à nous le faire croire (avant de partir, lorsque j’ai annoncé que je partais en Egypte, on m’a répondu : mais c’est un pays en guerre !) et qu’en dehors des manifestations violentes d’une vingtaine de jour lors de la révolution égyptienne, on voyage en Egypte en toute sécurité.  A notre arrivée, nous sommes même passés par la fameuse place Tahrir, celle ou eurent lieu les violentes manifestations de la révolution, sans aucun incident ! Pour nous, c’est l’idéal car il y a peu de touristes sur les sites par rapport à avant mais pour les Egyptiens c’est un véritable problème… Il faut que les gens arrêtent d’avoir peur ! Et en fait c’est surtout les français qui ont peur car nous avons vu des touristes de toutes nationalités et seulement un couple de français pendant tout notre voyage ce qui n’est vraiment pas beaucoup...

Les jeunes au Caire

En Egypte, la scolarité est obligatoire et gratuite pour tous les enfants mais malgré tout la vie reste dure. L’emploi du temps scolaire est organisé de façon à ce que les enfants puissent travailler. Par exemple, il y a la moitié des enfants qui n’ont cours que le matin et travaillent l’après-midi, tandis que l’autre moitié travaillent le matin et va à l’école l’après-midi.
Le week-end n’est pas samedi-dimanche comme chez nous mais vendredi-samedi. Souvent le week-end, les jeunes sortent en groupe, se baladent dans les rues, vont manger dans de petites échoppes…Il y a des boites de nuit au Caire mais celles-ci sont très chères et sont donc réservées à une élite. La majorité des jeunes ne peuvent se payer ce luxe alors il y a au final peu de gens qui vont en boite de nuit.

Le mariage

En Egypte où domine la religion musulmane, les hommes de cette confession sont autorisés à avoir jusqu’à quatre femmes en même temps. Le mariage en Egypte, quelle que soit la religion, est encore très traditionnel. Tout d’abord, on ne peut pas vivre avec une femme sans être marié (ce n’est interdit mais ça ne se fait pas). Pour pouvoir se marier, l’homme doit acheter l’appartement qui hébergera le couple à ses seuls frais ainsi que des bijoux en or et les parents de la mariées doivent encore constituer une dot. On le comprend bien, se marier coûte très cher et c’est pour cela que rares sont les hommes qui peuvent avoir plusieurs femmes, à la limite deux, mais quatre c’est très rares, car dans ce cas-là il faut tout de même acheter quatre appartements. De plus, avec le climat économique assez difficile depuis la révolution, le nombre de mariage a fortement baissé.

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