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04.11.12 

Jour 7


Abou Simbel

Nous nous levons très tôt pour rejoindre le convoi qui part en direction  d’Abou Simbel. Le convoi est contrôlé par des militaires et l’accès à la route est très limité, seul des chauffeurs autorisés peuvent prendre cette route, à des heures données. Les contrôles terminés, nous roulons durant 3h sur une immense autoroute traversant le désert jusqu’à Abou Simbel, où nous arrivons à 7h.



 




Nous longeons alors à pied le lac Nasser où une forte chaleur se fait déjà sentir et arrivons devant le sublime Temple de Ramsès II. 



 

 



Quatre immenses statues de Ramsès II sont assis dans des sièges de pierre, comme sorties de la colline rocailleuse qui leur sert de dossier, scrutant à jamais l’horizon infini de leurs yeux aveugles. Le contraste des couleurs est magnifique. Le temple couleur or se détache avec netteté sur le ciel d’un bleu intense qui fait écho aux eaux turquoises du Lac Nasser s’étalant aux pieds des statues, offrant ainsi l’une des plus belles carte postale de l’Egypte.

 

 


Pourquoi le Temple de Ramsès II a-t-il été construit à cet endroit, en plein désert, éloigné de toute forme de civilisation ?

Lors de son règne, le pharaon Ramsès II dut faire face à une révolution sociale qui secoue le peuple d’Egypte. Les gens n’acceptent plus de considérer les rois comme les dieux. Mais Ramsès II, lui, n’accepte pas non plus d’être relégué au simple statut d’être mortel et désire être divinisé. Il fait alors édifier un temple monumental, en plein désert (il n’y avait pas de lac à cette époque), loin de toutes communautés humaines pour éviter que les égyptiens détruisent le site. Il atteste de son appartenance divine à travers ce temple.

Ramsès II, un roi bien ambitieux

Les pharaons étaient considérés comme les représentants de dieu sur terre, néanmoins ils leurs restaient inférieurs. Ramsès II, lui, est allé plus loin dans sa divinisation puisqu’il se considérait égal aux dieux, ce qu’on voit à travers ce temple. Tout d’abord, le fait qu’il ait construit un temple qui lui soit entièrement dédié, montre cette volonté absolue de divinisation, puisque normalement, un temple égyptien est la « maison d’un dieu » et non celle d’un roi. De plus, tout dans le temple indique l’importance du rang que Ramsès II s’accordait. Nous rentrons à l’intérieur du temple, dans une première salle hypostyle où les colonnes ne sont plus des simples cylindres de granite mais des statues du roi en position osiriaque soutenant le plafond. Comme le dieu Osiris, Ramsès adopte la posture momiforme (posture osiriaque), avec les bras croisés sur la poitrine, tenant dans chacune de ses mains les attributs du dieu Osiris. Dans une seconde salle hypostyle composée de quatre colonnes à base carrée, on trouve des représentations du roi Ramsès II. Il porte la clé de la vie, le Ankh, normalement réservé à l’usage des dieux et se fait des offrandes à lui-même. En outre, une grande fresque montre Ramsès II sur un char en train de combattre ses ennemis lors de la grande bataille de Kadesh. Ramsès II s’est lui-même élevé au rang de dieu.

 

La bataille de Kadesh (vers 1274 avant J-C) , un combat entre légende et réalité

L’Empire Egyptien et l’Empire Hittite, un peuple asiatique, entrèrent en guerre. Cette guerre très importante fut le théâtre d’une célèbre bataille, celle de Kadesh vers 1274 avt J-C, qui se déroula sur l’actuel territoire de Syrie et sous le règne de Ramsès II. Ce dernier partit avec quatre armées, celle du dieu Râ, d’Amon et de deux autres dieux. Ramsès II avait réussi à repousser l’armée hittite d’une partie de la Syrie et de peur qu’elle ne revienne, il laissa trois armées sur ce territoire libéré et partit avec une seule armée, celle d’Amon, pour chasser plus loin encore l’armée hittite. La frise du temple d’Abou Simbel retrace le combat de Ramsès II et de l’armée d’Amon. On le voit sur son char, représenté avec deux bras : le sien et celui d’Amon qui lui prête main-forte. Selon le pharaon, il rentra victorieux de ce combat et gagna la guerre mais selon les Hittites, c’est eux qui remportèrent et gagnèrent la guerre. La réalité historique nous apprend que ni l’une ni l’autre des deux armées ne remporta la bataille et qu’un traité de paix fut signé.






Nous continuons à avancer dans le temple, jusqu’au sanctuaire où sont posées les quatre statues de Ramsès II. En temps normal, seule la statue d’un dieu peut être vénérée mais Ramsès II en a décidé autrement. Nous arpentons ce temple singulier dédié à la gloire d’un personnage ambitieux. De plus, Ayman nous apprend que les Egyptiens avaient conçu le temple de façon à ce que les rayons de soleil touchent les statues des quatre Ramsès II, situées dans le sanctuaire (donc la pièce la plus éloignée de l’entrée, tout au fond du temple), le 21 octobre, date de naissance du pharaon et le 21 janvier, date de sa montée sur le trône. Les Egyptiens avaient réussi cette prouesse technique incroyable et les rayons de soleil touchaient les statues à ces dates précises.

Le Temple d’Hathor

Non loin du Temple de Ramsès II se dresse celui de la déesse Hathor. Ramsès II l’a fait édifier en hommage à sa femme Néfertari. Célèbre pour ses nombreuses femmes (150 en tout) et la descendance encore plus nombreuse engendrée (plus de 200 enfants), Ramsès II avait néanmoins une préférence pour Néfertari qui était sa femme « officielle », la reine. Plus petit que celui de son mari, le temple dédié à Néfertari n’en a pas moins de charme. Néfertari est représentée à gauche et à droite de l’entrée, entourée de son mari de chaque côté, avec quelques-uns de leurs enfants à leurs pieds. Chose singulière, les statues de Néfertari ont quasiment la même taille que celle de Ramsès II alors qu’habituellement, les statues des femmes des pharaons ne dépassaient pas les genoux de leurs maris, ce qui témoigne de l’importance que Ramsès II accordait à sa femme. Néfertari est, comme son mari, élevée au rang d’une déesse. Dans la première salle, on trouve des colonnes dont le chapiteau est orné d’une tête de vache, représentation symbolique de la déesse Hathor. La particularité est que la tête de vache, communément dessinée de profil, est ici représentée de face. Ceci nous amène à la question…

Qui est Hathor ?

Hathor est l’une des plus anciennes déesses du panthéon égyptien, vénérée dans toute l’Egypte Ancienne. Son nom peut se traduire par « Demeure d’Horus » évoquant son rôle protecteur envers ce dieu qui est aussi son mari. Hathor est représentée comme une vache ou comme une femme coiffée de deux cornes enserrant le disque solaire. On peut aussi parfois la trouver représentée en femme avec des oreilles de vaches. Hathor est la déesse de la vie éternelle, mais les Egyptiens lui ont attribué de nombreux autres rôles : déesse de l’amour, de la fécondité, de la protection, mère et nourrice universelle des hommes.

          Là où ça se complique…

Les Egyptiens aiment bien les histoires compliquées et la mythologie égyptienne est un vrai labyrinthe. Dans le Temple d’Hathor, un des murs présente une gravure où l’on voit Néfertari offrir des fleurs de lotus à la déesse vache dans les marais de lotus. Cette scène fait référence au moment où Hathor élève le dieu Horus, dont elle n’est pas la mère, à l’abri des marais de lotus.


 

          Sekhmet et Hathor, deux visages d’une même déesse

Nous avons déjà parlé de Sekhmet, la déesse lionne de la guerre que l’on retrouve au temple de Kom-Ombo ou sous forme d’une peau de lion portée par un roi. En fait, Sekhmet et Hathor forment une et même personne. La légende raconte que le dieu Râ envoya Sekhmet, qui était son œil gauche, en Egypte pour combattre les ennemis qui assaillaient l’Egypte. La déesse lionne les tua tous, mais malgré cela, Sekhmet continuait à assassiner les gens, assoiffée de sang et de violence. Plus personne ne pouvait l’arrêter. Le dieu Râ utilisa alors la ruse : il teinta un lac d’ocre rouge, situé devant une ville. En arrivant devant la ville, Sekhmet, voyant le lac rouge couleur sang, pensa que les habitants avaient déjà était massacrés et alla se désaltérer dans le lac. Mais c’est sans compter la ruse de Râ qui avait rempli le lac d’une substance alcoolisée et la lionne devint ivre. Profitant de ce moment, Râ la transforma en vache. Sekhmet ne put plus tuer personne et devint la déesse de l’éternité.



L’histoire incroyable du temple d’Abou Simbel

A côté du temple, se trouve une petite salle-musée, commémorant l’incroyable histoire du temple d’Abou Simbel. En effet, lorsqu’on a créé le lac Nasser, des scientifiques avaient établi que le Temple de Ramsès II et d’Hathor seraient inondés. Pour ne pas perdre ce fabuleux témoignage historique, on a alors entrepris des travaux d’une ampleur herculéenne. Les deux temples ont été coupés en blocs qu’on a acheminés jusqu’au site actuel, soit à plus de 200 mètres du temple d’origine. Les temples ont été reconstitués comme un grand jeu de lego, les ouvriers disposant avec minutie les blocs les uns au-dessus des autres.  J’ai évoqué le fait que le temple de Ramsès II avait été conçu de façon à ce que les rayons de Soleil touche les statues sacrées le 21 octobre, date de naissance du pharaon et le 21 janvier, date de sa montée sur le trône. Les scientifiques avaient constaté que cette prouesse technique n’était pas une légende, et que les rayons de soleil pénétraient à l’intérieur du temple exactement à ces deux dates. Malheureusement, même avec toutes nos avancées techniques actuelles, les chercheurs n’ont pas pu recréer cet effet exact, mais ont tout de même réussi à faire en sorte que les rayons de soleil touchent les statues sacrées le 22 octobre et le 22 janvier chaque année, soit un seul jour de différence.






Nous sortons du site après avoir rassasié nos yeux du spectacle splendide offert par les deux temples jaune sable, le ciel bleu et le lac turquoise et nous nous asseyons à la table d’un café. De là, nous avons aussi une agréable vue sur le lac Nasser. Le convoi repart vers 10h et nous ramène à Assouan. 

Nous déjeunons sur le bateau et nous nous reposons quelques temps sur la terrasse du bateau. Ayman en profite pour nous apprendre à compter en égyptien et quelques autres mots égyptiens: la prononciation n’est pas facile !


Ecriture arabe égyptienne

Monnaie égyptienne

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