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05.11.12

Jour 8 

Le Temple d’Isis

 




Nous prenons le bateau pour rejoindre l’île d’Agilkia où se trouve le Temple d’Isis. Ce temple a été, comme celui d’Abou Simbel, déplacé lors de la construction du barrage d’Assouan. Grâce à l’Unesco, ce site qui se trouvait sur l’île de Philae, à présent totalement immergée par les eaux du lac Nasser, a pu être conservé. Nous arrivons sur cette île qui offre un cadre splendide. On y voit le temple d’Isis, entouré de palmiers verts foncés, surplombant les eaux bleues du lac. On s’imagine facilement sur cette île un monde peuplé de dieux et de déesses. 


Avant d’entrer dans le temple, Ayman nous fait un petit cours de généalogie divine égyptiennes.

Tout se recoupe…

On aura évoqué beaucoup des dieux et des déesses au cours de ce voyage !  Maintenant que nous avons quelques connaissances, Ayman nous apprend les liens qui existent entre ces différents dieux et déesses.

Atoum est le dieu qui créa le monde. Il a d’abord crée Chou, le dieu de l’air, puis Tefnout, la déesse de l’eau qui sont à l’origine du dieu de la Terre Geb et de la déesse du Ciel Nout. Geb et Nout s’unissent, créant ainsi le monde (Terre et Ciel) et ont quatre enfants : Nephtys, Isis, Osiris, et Seth.

Qui est Isis ?

Isis est une déesse de la magie, coiffée d’une couronne en forme de trône, son nom égyptien signifiant d’ailleurs « le siège ». Souvent représentée en tant que femme, Isis est célèbre pour ses nombreuses métamorphoses, apparaissant sous la forme d’un scorpion, d’une vache, d’un hippopotame et d’autres encore, grâce à ses puissants pouvoirs magiques.

Qui est Nephtys ?

Nephtys est, comme sa sœur, une déesse de la magie, coiffée de deux hiéroglyphes servant à écrire son nom. Son nom égyptien signifie littéralement « la maitresse du château », mais on ne sait pas vraiment pourquoi. C’est aussi une déesse funéraire. Elle protège les morts en veillant sur leurs sarcophages. Son culte est néanmoins secondaire.

 

 



Une histoire de famille et pouvoir…

Les enfants de Nout et Geb se marient entre eux, Nephtys épousant Seth, et Isis, Osiris.  Osiris devient le premier roi mythique d’Egypte mais son frère Seth est jaloux de son nouveau statut. Ce dernier met alors au point un stratagème : il construit un sarcophage en or et dit qu’il l’offre à celui qui rentre parfaitement dedans. Seth avait fait le sarcophage aux dimensions d’Osiris, et une fois son frère entré dedans, il ferme le sarcophage puis le jette dans le Nil, tuant Osiris. Isis, la déesse de la magie et femme d’Osiris, aidée par sa sœur Nephtys en  réalité amoureuse d’Osiris et non de son mari Seth, le ressuscite. Isis tombe alors enceinte d’Osiris ce qui n’empêchera pas à ce dernier de tromper Isis avec Nephtys. De leur adultère, naîtra le dieu Anubis. Seth, apprenant la résurrection de son frère, le tue à nouveau en le découpant en 14 morceaux et jette un morceau dans chacune des 14 provinces légendaires d’Egypte. Parmi les 1es morceaux, seulement 13 sont retrouvés, le quatorzième (le sexe du dieu Osiris) a été mangé par un poisson. 

 




C’est pour cela que les Anciens Egyptiens ne faisaient jamais d’offrandes de poissons aux dieux. Isis ressuscite à nouveau son mari, mais Osiris lui affirme qu’à présent, il désire devenir le dieu de l’autre monde, et devient alors le dieu des Morts. Isis a bientôt terminé sa grossesse et accouche en cachette dans les marais, pour que Seth ne tue pas son fils. Son fils n’est autre que le dieu Horus et Isis va confier à Hathor le soin d’élever son fils pour le protéger, à l’abri des marais de lotus. Nous avons d’ailleurs vu une représentation de cette scène dans le temple d’Hathor à Abou Simbel : on y la reine Néfertari faire des offrandes à une vache, représentation d’Hathor, couchée dans les marais entourés de lotus. Hathor devient ainsi, en plus de la déesse de la vie éternelle, la déesse de la maternité. Malgré son rôle de mère auprès d’Horus, Hathor deviendra plus tard sa femme.


 



Maintenant que nous sommes au point sur cette généalogie, nous pouvons visiter le temple. Il date de l’époque gréco-romaine comme en atteste le style des colonnes, la représentation de sandales aux pieds des dieux et des pharaons ainsi que les murs qui unissent les colonnes à leurs pieds. Qui dit époque gréco-romaine dit un roi qui s’appelle Ptolémée car quasiment tous les pharaons de cette époque se sont appelés Ptolémée : il y en a eu quatorze en tout. 

 

 






On retrouve sur la première façade, comme sur le Temple d’Horus à Edfou, un roi en train de massacrer ses ennemis, devant la déesse Hathor. 

 

 

 

 

 

 

Après cette première façade s’en trouve une seconde, où l’on peut voir Hathor et Horus. 

 

 

 

 





De gauche à droite : Hathor, Horus, le roi Ptolémée II offrant une fleur de lotus au deux dieux, rappelant la naissance d’Horus dans les marais entouré de lotus, dans lequel il a grandi, protégé par Hathor.

La nouveauté de ce temple est le petit bâtiment qui se trouve à gauche, entre les deux façades, appelé le Mammissi, c’est-à-dire la maison de naissance.

Mais à quoi sert le Mammissi ?

Le roi Alexandre Le Grand (356 -323 avant J-C) a repoussé les Perses de l’Egypte, sauvant ainsi les Egyptiens. Malgré cela, ces derniers n’acceptent pas de lui donner le trône d’Egypte car il n’est ni fils de pharaons, ni fils de dieu. Mais à tout problème, il y a une solution et ce sont les prêtres qui lui viennent en aide, grâce à un stratagème très intelligent.
Dans un sanctuaire, autre que celui d’Isis où l’on se trouve, Alexandre demande la permission de régner à l’oracle du dieu Amon. Au-dessus de la salle où il effectue sa prière, il y a un double-plafond où un prêtre se glisse. Ce prêtre contrefait la voix du dieu et répond à Alexandre qu’il peut régner sur l’Egypte. On ne sut jamais si Alexandre était au courant du stratagème mais il y a fort à parier que oui. Quoiqu’il en soit, les Egyptiens sont convaincus et cèdent le trône à Alexandre. Les pharaons étaient considérés comme les représentants d’Horus sur terre. Pour que son accès au trône apparaisse légitime aux yeux des égyptiens, Alexandre devait lui aussi prouver qu’il était l’incarnation du dieu faucon sur terre. Il fit alors construire le Mammissi ou « maison de naissance »  dans le temple d’Isis. Dans ce Mammissi, on trouve des représentations de l’accouchement d’Isis dans les marais, mettant au monde Horus. Alexandre est représenté également à côté de cet accouchement. Il s’associe ainsi à cet évènement divin  majeur dans la mythologie égyptienne pour affirmer son rôle de représentant d’Horus. Plus tard, d’autres pharaons viendront se faire représenter dans ce Mammissi pour montrer qu’eux aussi font partie d’une lignée divine. On retrouve des représentations d’autres pharaons notamment une assez intéressante, figurant la reine Cléopâtre VII en homme. En effet, seuls les hommes pouvaient régner, on représentait donc la reine en homme. Mais alors, comment sait-on que c’est bien elle ? Grâce à la cartouche inscrite à côté mais, sans cette cartouche, on ne pourrait pas la différencier d’un autre pharaon.

 

 

 




Nous continuons la visite de ce temple en passant par la porte d’entrée de la seconde façade  puis par la salle hypostyle, la salle des offrandes mitoyenne et enfin, le sanctuaire d’Isis, où était déposée sa statue. Ce temple fut occupé plus tard par les chrétiens persécutés qui ne pouvaient construire d’églises et on trouve, au milieu des hiéroglyphes, plusieurs traces de leur occupation.

Traces de l'occupation chrétienne

 

 

 

 



Déesse Hathor ou Isis (Isis peut être représentée avec les cornes d’Hathor car elles ont toutes les deux étaient les mères d’Horus) qui nourrit le dieu Horus enfant.

Les chrétiens ont complètement effacé le visage de la déesse et ont ensuite utilisé cette image comme la Vierge Marie avec l’enfant Jésus car les chrétiens n’étaient alors pas libres de pratiquer leur religion et se servaient donc des temples et représentations existantes.

 

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