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06.11.12 

Jour 9


Quartier Copte (suite)

         


 


          Eglise Sainte-Barbe (ou Barbara)

 

 Sainte-Barbe est une martyre chrétienne. Fille d’une riche famille païenne, elle se convertit contre l’avis de son père au christianisme. Elle fut battue à mort par son père et ses reliques reposent aujourd’hui dans cette église. A l’intérieur de l’église, il y a comme une petite chapelle, séparée du reste de l’église par une cloison en bois avec une ouverture arquée, à l’intérieur de laquelle repose les reliques de Sainte-Barbe et dont les murs sont ornées de très belles icônes coptes.

Derrière l’église de Sainte-Barbe, nous passons devant le cimetière grec orthodoxe qui est, comment dire, dégradé…

Nous marchons au milieu de maisons coptes très anciennes, datant du début de la construction du quartier mais qui sont, elles aussi, un peu dégradées…

Puis nous nous engouffrons dans une étrange rue-librairie. Cette allée couverte est bordée de tout son long par des étagères où sont présentés des livres mais aussi de nombreuses photographies anciennes qui nous font plonger dans l’Egypte d’il y a quelques dizaines années…

Nous jetons un rapide coup d’œil à l’église Saint-Georges qu’on ne peut pas visiter car en rénovation et nous nous rendons au Musée Copte.

          Musée Copte

Il est vrai que nous ne visitons pas énormément de musée, mais celui-là vaut vraiment le coup. Ce musée est en fait un ancien palais privé construit en forme de mosquée. Le propriétaire était un grand collectionneur et il a réuni des dizaines voire des centaines d’objets d’art copte, allant de la période gréco-romaine à l’occupation musulmane. L’architecture de cette mosquée-musée est tout simplement splendide : des boiseries aux détails finement sculptées ornent toutes les pièces de cet immense palais, qui possède une cour intérieure munie de volets entièrement fait de boiseries les plus fines. De même les objets rassemblés présentent une grande richesse, retraçant l’évolution de l’art copte au cours des siècles. On ne s’attendait pas à un si beau musée.



 




Maintenant, c’est au tour de l’Eglise Sainte-Marie ou, comme elle est souvent appelée, l’Eglise Suspendue de nous livrer ses trésors et son histoire. Lorsque nous arrivons, plusieurs classes de jeunes écoliers sont de sortie pour visiter, offrant une belle agitation !

          Eglise Sainte-Marie ou Eglise Suspendue

L’entrée dans l’église se fait par une sorte de couloir décoré de mosaïques représentant des scènes bibliques. Un grand escalier mène à l’entrée de l’église annoncée par une plaque bleue et blanche mêlant écriture copte et arabe.



 



L’intérieur - évidemment splendide- offre une épaisse chaire de marbre, soutenue par 13 piliers, représentant Jésus et ses douze apôtres. Une des colonnes est noire : elle représente Judas, qui a trahi Jésus. Une autre, grise, représente Saint-Thomas. En effet, Saint-Thomas disait  « je ne crois que ce que je vois». Lorsque Jésus ressuscite, Saint-Thomas ne croit tout d’abord pas à sa résurrection et demande à toucher le Christ pour  être sûr. Cet acte lui vaudra la disgrâce divine.



 


On trouve au fond une deuxième petite église à l’intérieur de l’église. En fait, il y a souvent plusieurs églises, chapelles ou cryptes dans une même église comme nous avons pu le voir dans les autres églises du quartier car selon les pratiques coptes, on doit faire la prière jusqu’à trois fois par jour sans jamais la faire dans la même chapelle, d’où la nécessité d’avoir plusieurs chapelles. Dans cette seconde église, il y a une fresque chrétienne très précieuse peinte dans une voûte, car elle date du IVème siècle et est en bon état, sans jamais avoir été restaurée.


 

 





Nous retournons dans la pièce principale de l’église et nous nous arrêtons devant une icône copte, figurant la Vierge Marie avec Jésus dans les bras. On a l’impression qu’elle nous suit de son regard lorsqu’on la contourne. Les coptes l’appellent la Joconde Egyptienne, quoique nous trouvons qu’il y a que très peu voire pas du tout de ressemblances entre les deux. Mais apparemment, ça a l’air d’être une coutume d’avoir sa propre Joconde dans chaque pays. On a vu la Joconde Egyptienne, et nous avons aussi vu la Joconde Sri-Lankaise de la fresque des Apsaras au Rocher de Sigiriya au Sri Lanka !

 

 




Pourquoi appelle-t-on l’Eglise Sainte-Marie l’Eglise Suspendue ?

En fait, cette église présente un schéma de construction remarquable. Les chrétiens, trop heureux de pouvoir pratiquer leur religion librement depuis l’arrivée des peuples arabes, voulurent attester de cette liberté nouvelle en construisant une église sur une forteresse romaine. En effet, ce sont les gréco-romains qui persécutaient les chrétiens, ainsi, en construisant une église par-dessus, les chrétiens voulaient montrer qu’ils pouvaient pratiquer leur religion sans être persécutés par les romains. Pour construire cette église, ils ont utilisés des troncs de palmiers posés par-dessus la forteresse, qu’ils ont ensuite recouverts de pierres pour former le plancher de l’église. Aujourd’hui les palmiers, datant pourtant du IVème siècle après Jésus-Christ n’ont pas bougé et servent toujours à soutenir l’église. Voilà pourquoi on a appelé cette église, l’ « Eglise Suspendue », qui tient en équilibre sur des troncs de palmiers !

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