25.07.14 

Jour 12

PAMUKKALEE 

          Bassins de Pamukkale

Ces fameux bassins formés dans la roche calcaire blanche et aux eaux turquoises sont emblématiques de la Turquie. Nous nous arrêtons au pied du site et nous nous retrouvons face à cette colline de calcaire d’une blancheur éclatante et on comprend mieux pourquoi cet endroit s’appelle Pamukkale qui signifie en turc « le château de coton ». C’est un paysage très surprenant, presque surnaturel.

Mais avant de découvrir les fameux bassins, nous effectuons la visite du site antique de Hiérapolis situé au sommet de la colline, près des bassins. 

 

 

          La cité antique de Hiérapolis

C’est le roi Eumènes II de Pergame qui fit édifier cette cité au IIème siècle avant Jésus- Christ en l’honneur de sa femme prénommée Hiéra d’où le nom de Hiérapolis (polis signifie « la cité » en grec).

Nécropole

Tombeau-maison

Nous avançons dans l’immense nécropole où s’étalent des milliers de tombeaux hétéroclites. En effet, il y a une grande diversité dans la forme et les ornements des tombeaux.  Pourquoi ? En fait, Hiérapolis était une ville commerciale très importante, située à un carrefour de plusieurs routes mais également une ville thermale très réputée et fréquentée du fait des propriétés exceptionnelles de ses eaux. 

Beaucoup de gens se rendaient à Hiérapolis et il n’était pas rare que l’on vienne de très loin pour profiter des vertus curatives des bassins de Pamukkale. C’était souvent des gens malades qui s’y rendaient dans l’espoir que les eaux les guériraient. Pour certains d’entre eux, la cure marchait et ils repartaient de la ville complètement guéris mais d’autres, atteints de maux plus graves finissaient par mourir sur place et alors on les enterrait, en respectant les rites et traditions de la région d’où le défunt venait ce qui explique la grande diversité des tombeaux.

 

 

 

 

Les différents types de tombeaux

On retrouve majoritairement les formes de tombeaux suivantes : les tombeaux en forme de temple, en forme de maison, en tumulus, tous trois étant des tombeaux familiaux abritant plusieurs corps, ainsi que les sarcophages individuels pour les personnages le plus importants. Toutes ces formes de tombeaux étaient bien sûr réservées à des personnes d’un certain rang et ceux qui étaient plus pauvres étaient simplement enterrés dans le sol, sans tombeau visible.

 

Tombeau -maison

Tombeau-tumulus

Sarcophage individuel

Tombeau-temple

 

 

 

On peut voir sur certains sarcophages individuels des inscriptions grecques qui décrivent et complimentent le défunt. (photo ci-contre)

 

 

Nous nous arrêtons devant un tombeau-maison et Kadir nous explique comment les morts étaient enterrés à Hiérapolis.

Comment se passaient les enterrements à Hiérapolis ?

Lorsque quelqu’un mourait dans un des établissements qui accueillait les malades venus en cure, les habitants de Hiérapolis procédaient en trois étapes. Le premier jour, le cadavre était exposé dans l’établissement  où la personne était morte pour que les proches puissent venir voir la dépouille. Ensuite, le 2ème jour, un médecin était chargé de venir examiner la dépouille, enlever les entrailles et embaumer le cadavre.
Le 3ème jour, on formait un cortège autour du cercueil et on transportait le mort jusqu’au cimetière. Dans le cortège on engageait des pleureuses. A Hiérapolis, être pleureuse était un véritable métier. Pendant le cortège, on récupérait les larmes des pleureuses dans de petites fioles.

Le mort était ensuite mis dans son tombeau (tumulus, temple,…). Dans le cas du tombeau-maison, il y avait deux étages : dans le 1er étage, on disposait les affaires personnelles ayant appartenues au défunt et les fioles contenant les larmes des pleureuses. Le cadavre était disposé dans le second étage. Souvent, on mettait également une pièce d’or dans la bouche du mort, comme un petit bakchich  destiné à Charon, le passeur des Enfers, qui fait traverser le fleuve du Styx aux morts dans sa barque. Cette pratique a donné lieu à de nombreux pillages car les pièces mises dans la bouche étaient faite en or véritable. Après la mort de quelqu’un, les hommes proches du défunt se rasaient la tête en signe de deuil.
Le tombeaux-maisons étaient familiaux et pouvaient servir à plusieurs générations ; une fois qu’il n’y avait plus de place, on enlevait les dépouilles les plus anciennes pour en remettre des nouvelles.

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