26.07.14 

Jour 13

Aujourd’hui, c’est une journée chargée en visite de sites antiques : au programme, nous devons visiter Aphrodisias, Priène et Didymes.

Aphrodisias

Nous commençons notre journée par la visite d’Aphrodisias, site assez proche de Pamukkale. Nous nous rendons au point de vente des tickets puis on nous fait monter dans un drôle de véhicule : une sorte de petit bus ouvert tiré par un tracteur ! Nous pensons que le site est situé dans un endroit peu accessible mais en fait pas du tout, on a juste à traverser la route nationale et on y est ! Ces tracteur-bus sont vraiment une arnaque !

Quoiqu’il en soit, nous commençons la visite de cette ville antique, qui, comme son nom l’indique était dédiée à Aphrodite, déesse de l’amour. La ville connut son apogée aux alentours du II-IIIème siècle et sa population atteignit les 150 000 habitants. Son sanctuaire dédié à Aphrodite se transforma en un lieu de culte important. Comme on croyait que cette ville était protégée par la déesse de l’amour, elle était exonérée de taxes et fut ainsi la seule cité de l’Empire Romain à ne pas payer d’impôts !

 

Comment estimer le nombre d’habitants d’une ville antique ?

En fait, on peut estimer le nombre d’habitants d’une ville antique, de façon grossière, grâce aux nombres de place du stade de la ville. On multiplie par 4 ou 5 le nombre de places du stade et on obtient une idée du nombre d’habitants de la cité.
Par exemple, le stade d’Aphrodisias pouvait accueillir 30 000 spectateurs. On multiplie 30 000 par 5 ce qui nous fait 150 000 habitants.
Cette technique peut être utilisée de façon générale sur de nombreux sites antiques mais il y a bien sûr des cas particuliers et cela permet simplement de faire une estimation grossière.

 

Le Tetrapylon

Nous arrivons ensuite devant l’incroyable Tetrapylon, une porte monumentale construite au IIème siècle après J-C qui menait au sanctuaire d’Aphrodite. Cet édifice est réellement sublime et est l’un des monuments les mieux conservés que j’ai pu voir. La porte est composée de deux arches et chaque arche possède deux pieds composés de 4 colonnes. Comme on peut le voir sur les photos, la porte possède donc 4 pieds,  d’où le nom de Tetrapylon qui signifie « quatre pieds » en grec. 

 



Kenan Erim, un archéologue tombé amoureux de la belle Aphrodisias

Près du Tétrapylon, on aperçoit une tombe, d’aspect moderne, qui  nous interpelle. Il s’agit en fait de la tombe de Kenan Erim, un archéologue turc (1929-1990) qui passa 40 années de sa vie à fouiller et reconstituer le site. C’est grâce à lui que le site est tel qu’il est aujourd’hui et c’est lui qui reconstruisit entièrement le Tétrapylon. En effet, lorsqu’on découvrit le site d’Aphrodisias, tout était au sol,  des centaines de blocs de marbre éparpillés un peu partout. Parmi les décombres vivait encore une population turque, assez pauvre, qui avait construit leurs maisons en utilisant les ruines.  Le site fut bientôt classé parmi les bâtiments historiques et la population expulsée des lieux. C’est alors que pu commencer le travail de l’archéologue Kenan Erim. Il retrouva 85% des blocs de marbre composant le Tetrapylon, ce qui lui permit de le reconstruire entièrement.
 

 

 


Kenan Erim demanda à être enterré sur le site d’Aphrodisias, une requête qui, habituellement, est toujours refusée et considérée comme impossible car on  ne peut enterrer quelqu’un sur un site historique, mais la passion qu’il dédiait à la ville et le travail qu’il fournit pour la mettre à jour furent tels que les autorités acceptèrent exceptionnellement d’accéder à sa demande. Il fut donc enterré en 1990 près du Tetrapylon.   

Nous traversons la porte monumentale, comme des milliers de pèlerins qui se rendaient au Temple d’Aphrodite pour rendre hommage à la déesse des siècles avant nous. On remarque aussi  que sur le sol de la porte sont gravés des Ichtus, un symbole chrétien. Les Ichtus sont des sortes d’étoiles à 6 branches inscrites dans un cercle, que nous avons déjà rencontrés dans les églises de la Cappadoce (voir la symbolique de l’Ichtus).
 

 

Le Stade

Nous arrivons dans le stade, qui pouvait accueillir 30 000 personnes et particulièrement bien conservé. Plusieurs sortes de spectacles avaient lieux dans cet endroit, comme les courses de chars très populaires ainsi que les combats de lutte (le combat de gladiateurs est plus tardif). Durant les combats de lutte, les hommes étaient nus. Entre les deux combattants, il y avait un arbitre muni d’un bâton qui tapait sur les fesses nues des deux hommes dès qu’ils faisaient une infraction au règlement, comme lorsqu’on donne la fessé aux enfants ! Comme les hommes étaient nus, les femmes et les enfants n’avaient pas le droit d’assister au combat de lutte (mais pouvaient parfaitement accéder aux autres spectacles). 

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