27.07.14 

Jour 14

Ephèse [suite] 

Le Prytanée et le Temple d'Hestia Boulaia

Nous passons devant le Prytanée, sorte d’hôtel de ville. Le Prytanée  abritait également le Temple d’Hestia Boulaia, un temple dédié à la déesse Hestia. Dans ce temple servaient des Vestales, femmes dont le rôle était d’entretenir le feu sacré éternel qui brûlait dans le temple.

 

 


            Qui étaient les Vestales ?

Comme je l’ai dit, il s’agissait de femmes qui servaient dans un temple et chargées d’entretenir le feu sacré éternel. Les dignitaires et les personnages appartenant plutôt à la haute société de la cité envoyaient leurs filles, à l’âge de 10 ans pour servir dans le temple. En dehors de l’entretien du feu, ces jeunes filles devaient aussi faire le ménage, la cuisine, etc… et bien sûr, elles devaient rester vierges. Elles étaient obligées de servir la déesse jusqu’à leurs 40 ans et, cet âge-là atteint, elle pouvait sortir et quitter le temple si elles le souhaitaient, et même se marier. Les Vestales occupaient un statut particulier dans la société, elles étaient très respectées et avaient certains privilèges par rapport aux autres citoyens.

Tant que le feu sacré brûlait, les citoyens considéraient que tout allait bien, mais s’il arrivait que celui-ci s’éteignit alors cela signifiait que les malheurs ne tarderaient pas à pleuvoir sur la cité.

Dans le temple dédié à Hestia, on peut voir un trou central dans le sol, entouré de 4 petits trous plus petits, dont l’un où se trouve un anneau de fer. En fait, il y avait, au niveau du trou central, une colonne au bout de laquelle brûlait le feu sacré et, au niveau des quatre petits trous, il y avait quatre anneaux. Des cordes étaient attachées à ces anneaux et permettaient de soutenir la colonne centrale avec le feu sacré.

Dispositif pour maintenir le feu sacré

Nous continuons notre chemin sur l’allée principale du Haut Ephèse et à nos côtés se dressent les vestiges de ce qui fut le cœur de la cité antique…

Le tombeau de Memmius

 

 

 


 

Quelques bas-reliefs intéressants  sont dispersés çà et là sur le site…

Le Bâton d'Asclépios ou Caducée Médical

Ici, autour du tombeau de Memmius, on peut voir le célèbre le bâton d’Asclépios, dieu de la Médecine (souvent appelé caducée, à ne pas confondre avec le caducée d’Hermès), symbole connu de tous car devenu l’emblème des professions médicales. Il s’agit d’un bâton où sont enroulés deux serpents, le tout surmonté par une paire d’ailes.

 


 


 

Hermès, le dieu messager…et le dieu des voleurs

Si Hermès est surtout connu pour son rôle de messager des dieux, il possède également une autre fonction : dieu des voleurs. En effet, lorsqu’il était enfant, Hermès vola à son demi-frère Apollon une grande partie de son troupeau de mouton.  Pour se faire pardonner, Hermès offrit à Apollon une lyre qui produisait un son magnifique, et qu’il avait fabriquée à l’aide d’une carapace de tortue sur laquelle il avait fait tendre des cordes. C’est ainsi qu’Hermès devint le dieu protecteur des voleurs et cela explique pourquoi on trouve un mouton représenté à ses côtés. On peut également noter qu’il porte ses fameuses sandales ailées, ainsi qu’un autre de ses attributs, le Caducée, constitué comme le bâton d’Asclépios de deux serpents enroulés autour d’un bâton.

 

 

 

 


 

On trouve également un autre bas-relief intéressant représentant Nikè, la déesse de la Victoire (d’où le nom de la célèbre marque de basket Nike…)

En face du tombeau de Memmius, nous nous arrêtons devant l’Asclépiéion

Asclépiéion

L’Asclépiéion est un sanctuaire médical qui, comme son nom l’indique, est gouverné par le dieu Asclépios, dieu de la médecine. Sur le fronton de la porte d’entrée de cet hôpital, on pouvait lire quelque chose comme  « Ici, la mort est interdite, ici on ne lit pas de testament » (en même temps, l’hôpital n’acceptait pas les malades graves, donc il y avait peu de risque de mort). Dans ce centre, on fournissait plutôt des soins d’ordre psychologique.
Un internement classique d’un malade se déroulait ainsi :
D’abord, on fait entrer le malade dans une pièce noire, sans lumière et on l’y fait marcher pendant des heures. Quelque part dans la pièce, il y a un orifice et des « médecins » soufflent au malade, « Tu vas guérir, etc… » : ainsi, le malade croit qu’il reçoit l’aide des dieux ! Ensuite, le patient est transféré dans une chambre, on le fait s’allonger et on lui donne des herbes qui l’endorment et « l’assomment » un peu. Le malade entre alors dans un état de demi-sommeil pendant lequel, à nouveau, des médecins lui murmurent « Pour guérir, tu dois faire du sport, tu dois manger plus sain, etc… ». Souvent cette méthode aboutissait à la guérison du patient, elle s’apparente un peu à l’effet placébo (mais comme je l’ai déjà dit, les malades vraiment graves n’étaient pas acceptés et le centre de guérison mettaient l’accent sur les troubles d’origine plutôt psychologiques)
Un jour, un malade très grave se rend à l’Asclépiéion mais est refusé. Dans la rue, il aperçoit un serpent cracher dans un bol de lait et sur l’instant, il se saisit du bol pour boire la mixture empoissonnée pour se suicider mais un miracle se produit et le venin du serpent se révèle être l’antidote de ses maux. Ce malade guérit alors et cette histoire est une des raisons de l’utilisation symbolique du serpent sur le bâton d’Asclépios.

Ephèse - Fontaine de Pollio (à gauche) et Temple de Domitien (à droite)

Près de l’Asclépiéion, se dressent une arche qui abritait l’ancienne Fontaine de Pollio (on a d’ailleurs également vu, avant d’arriver à Ephèse, un aqueduc dédié à ce même Pollio). On trouve à côté le Temple de Domitien dont il reste de très belles arches où sont sculptés des motifs floraux insérés dans un cadre. Dans les soubassements, on trouve une salle que l’on a nommée le « Musée des Inscriptions » : à l’intérieur, plus de 3000 inscriptions ont été préservées. 

Temple de Domitien

Temple de Domitien

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