15.07.14 

Jour 2

TRABZON [suite]

          Plage au bord de la Mer Noire

Nous reprenons la voiture et décidons de nous rendre sur une plage pour ramasser du sable (mon père faisant la collection) mais malgré la proximité de la Mer Noire, il est quasiment impossible d’accéder à une plage ! Nous arrivons finalement à trouver une plage de sable noire après une trentaine de kilomètres ! Peu de gens se baignent dans la Mer Noire, car les courants y sont dangereux, d’où les accès limités aux plages. 

          Centre-ville moderne

Nous retournons en ville et nous rendons cette fois-ci au centre-ville moderne pour faire du change. Ça nous permet aussi de découvrir un nouvel aspect de la ville et de nous promener sur une jolie place. On remarque qu’il y a énormément de femmes qui ne sont pas voilées contrairement à ce que l’on pourrait croire. Il y en a aussi beaucoup qui portent juste un foulard sur la tête, mais cela est normal, ça fait partie de leur culture. Et par contre, nous ne croisons aucune burqa !

Nous nous arrêtons devant une statue d’Atatürk, véritable héros national.
 

Qui est Atatürk ?

Né en 1881, le jeune Atatürk, de son vrai nom Mustafa Kemal se lance dans une carrière militaire. Lors de la Première Guerre Mondiale, il s’illustre notamment dans la Bataille des Dardanelles aussi appelée Campagne de Gallipoli. En effet, il parvint à repousser les armées françaises et britanniques, leur faisant subir une sévère défaite. Cette bataille marque le début de l’ascension de Mustafa Kemal, le promouvant au rang de Pacha, c’est-à-dire général militaire.
Puis entre 1919 et 1922, il mène la Guerre d’Indépendance Turque en parvenant à repousser toutes les troupes grecques de l’Empire Ottoman. C’est à partir de là qu’il deviendra véritablement un héros national. Ainsi, la Guerre d’Indépendance, Mustafa Kemal abolit le sultanat et instaure la République en 1923, ainsi que la laïcité qui aboutira par exemple à l’interdiction du port du voile dans les écoles. Encore aujourd’hui, l’Etat Turc est une démocratie laïque. Il mènera alors de nombreuses réformes qui transformeront profondément la Turquie naissante : abolition de la polygamie, interdiction du port du fez (sorte de chapeau). Il rend le mariage civil obligatoire car avant, il y avait seulement le mariage religieux et lorsqu’il arrivait à un couple de divorcer, la femme était souvent laissée pour compte car aucune procédure juridique ne pouvait s’appliquer, il n’y avait aucun dédommagements, ni pension alimentaire. Atatürk a également fait latiniser l’alphabet turc, qui auparavant utilisait les caractères arabes.  La Turquie adopte alors l’alphabet latin avec quelques caractères spéciaux comme «  ğ Ğ ı ş ». Une autre réforme qu’il organisa est l’instauration de nom de famille, car en Turquie, cela n’existait pas auparavant : on disait, pour désigner une personne, le cousin de machin, le père de truc… C’est à ce moment-là, lors de cette réforme des noms de famille, que le peuple turc commença à surnommer Mustafa Kemal « Atatürk », qui signifie littéralement en turc, « le papa des turcs ». Enfin, il accorda le droit de vote aux femmes en 1934, bien avant la France alors que la Turquie est pourtant un Etat musulman au départ ! 

Il est mort assez jeune à 57 ans en 1938, officiellement d’une cirrhose car il était alcoolique. Mais notre guide pense qu’il a été empoisonné, hypothèse qui n’est pas impossible et fait encore débat…. 

Ces nombreuses réformes qui ont complètement transformé et modelé la Turquie actuelle permettent de mieux comprendre le véritable culte voué à Ataturk en Turquie. Tous les billets de banque sont à son effigie et sa statue trône un peu partout dans les villes, devant les bâtiments officiels, les écoles…  C’est un véritable héros national, qu’il est même interdit de critiquer et de blasphémer (c’est écrit dans la loi), sous peine d’être condamné ! D’ailleurs, sur les statues d’Atatürk, il n’y a marqué que la date de naissance et pas de mort, comme si le héros était éternel et était encore au côté des Turcs !

Impairs  à ne pas commettre en Turquie…

Il y a deux choses qui ne peuvent être critiquées en Turquie : Atatürk et le drapeau turc, représentant un croissant musulman et une étoile blanche sur fond rouge. Le drapeau est, comme les statues d’Atatürk, répandu un peu partout dans le pays et il n’est pas rare de voir les habitants portés des T-shirt avec le drapeau turc. On  a du mal à imaginer en France que l’on puisse se promener avec le drapeau français en T-Shirt ! Dans les deux cas, il ne faut blasphémer ni le drapeau ni Atatürk sous peine de condamnation !

Nous rentrons vers 19h à l’hôtel, le temps de prendre une douche et de repartir manger au restaurant. Kadir nous accompagne dans un beau restaurant donnant sur la Mer Noire, le « Fevzi  Hoca ». C’est un restaurant où il y a peu de touristes et beaucoup de turcs. Cela est dû en grande partie au Ramadan. En effet, nous sommes tombés en pleine période de Ramadan, qui doit se terminer le 28 juillet.

 

Le Ramadan en Turquie

Chaque année, les musulmans doivent jeûner pendant un mois. Le Ramadan est l’un des 5 piliers de l’islam. Pendant cette période, qui varie chaque année car les dates du Ramadan sont établies selon le calendrier lunaire, les fidèles ne doivent ni boire ni manger à partir du lever du soleil jusqu’au coucher du soleil. Le ramadan n’est pas obligatoire en Turquie, chacun fait come il veut et l’avantage pour les touristes, c’est que les restaurants et magasins d’alimentation restent ouverts la journée, contrairement à d’autres pays musulmans où il devient difficile de trouver des restaurants ouverts la journée en pleine période de Ramadan. D’ailleurs les cinq prières par jour ne sont pas non plus réellement très suivies en Turquie, à part le vendredi qui est le jour le plus important.

Quand arrive la fin de journée, les familles souvent très nombreuses (la famille joue un rôle très important en Turquie), se réunissent, soit chez elles, soit dans un restaurant et rompent ensemble le Ramadan autour d’une table bien garnie, comme on peut le voir dans ce restaurant. Le signal de fin de ramadan est donné par l’imam qui chante depuis les minarets.

Nous mangeons très bien dans ce restaurant et c’est là que nous goûtons pour la première fois des baklavas, desserts typiques turcs réellement délicieux !

Nous rentrons à l’hôtel pour une bonne nuit de sommeil ! Le voyage commence bien !

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau