16.07.14 

Jour 3

Direction la ville d'Adana

Ce matin, nous nous apprêtons à prendre un vol en direction d’Adana, grande ville industrielle de la Turquie comptant quelques 3 millions d’habitants.

Après un court vol, nous arrivons à Adana et déjeunons sur une aire d’autoroute. C’est l’occasion pour nous de goûter à une des spécialités turques, sûrement la plus répandue dans le pays, les kébabs. Et plus spécialement, nous goûtons le kébab traditionnel  emblématique d’Adana (chaque région a son propre kébab), qui est composé de viande hachée de bœuf que l’on mange avec du pain turc, qui ressemble un peu aux naans indiens. Ce plat est tellement typique de la région qu’il s’appelle « un Adana » et lorsque l’on va dans un restaurant, même s’il est à l’autre bout de la Turquie, on peut demander qu’on nous serve un Adana et on comprendra ce que vous voulez ! Ce plat est servi avec un verre de yaourt liquide de chèvre, que l’on boit comme de l’eau. Ça paraît surprenant et c’est assez étrange pour nous de boire du yaourt liquide en plein milieu du repas mais ce breuvage a une véritable fonction : quand c’est trop piquant, ça permet tout de suite d’adoucir et ça marche bien mieux que l’eau ou le pain !

GAZIANTEP

Après une ou deux heures de route, nous arrivons à Gaziantep, où se trouve le Musée des Mosaïques de Zeugma.

Gaziantep ou Antep l’Héroïque

Littéralement, Gaziantep signifie « Antep l’Héroïque », rien que ça. Pourquoi cette si noble qualification ? Avant la Première Guerre Mondiale, cette ville portait le simple nom d’Antep. Elle fut au cours de cette guerre envahie par les troupes françaises mais les résistants de la ville ne se laissèrent pas faire et repoussèrent vigoureusement les envahisseurs. Pour récompenser cet acte de bravoure, Antep fut renommer Gaziantep,  Gazi signifiant Héros.


 

          Musée des Mosaïques de Zeugma

Ce musée contient de nombreuses mosaïques qui proviennent de la ville antique de Zeugma, qui a, depuis, été recouverte par les eaux lors de la construction d’un barrage. Les archéologues et chercheurs ont pu néanmoins sauver 80% des mosaïques de cette ville antique.

Histoire de la Ville de Zeugma

Alexandre Le Grande, célèbre pour ses conquêtes militaires et l’immense empire qu’il construisit, n’épargna pas l’Anatolie (région de l’actuelle Turquie) et s’empara de ce territoire à partir de 333 av. J-C.  A sa mort en 323 av. J-C, l’empire fut partagé entre ses généraux.  Séleucos Ier, un des généraux et futur fondateur de la dynastie des Séleucides s’appropria une région de la Turquie. Il fonda une ville à son nom, Séleucie, sur la rive gauche de l’Euphrate. 

En face, sur la rive droite, il fit construire une deuxième ville qui, cette fois-ci, portait le nom de sa femme, Apamée. Entre les deux villes, un pont surplombant l’Euphrate fut construit. Cette ville prospéra, puis, en 64 av. J-C, elle fut conquise par les Romains qui la renommèrent, Zeugma, ce qui signifie « le pont ». Cette ville bénéficia fortement de sa position stratégique sur le fleuve, à la croisée des différentes routes du commerce entre l’Orient et l’Occident. La ville connut son apogée sous l’occupation romaine et de nombreuses mosaïques virent le jour, tapissant les temples, les bâtiments officiels ainsi que les maisons des plus aisées.  La ville a développé un style de mosaïque qui lui est propre et qu’on ne retrouve pas ailleurs, et chose singulière, les mosaïques étaient signées par leurs auteurs, ce qui n’est habituellement pas le cas.

Malheureusement, le roi Sassanide Shapur I conquit et détruisit la ville en 256 qui bientôt fut victime d’un tremblement de terre qui l’affaiblira fortement. Dès lors, elle perdit à jamais sa grandeur d’antan.

Dans les années 80, des centaines d’archéologues, historiens et volontaires se sont mobilisés pour sauver les mosaïques de Zeugma qui allait être inondées à cause de la construction du barrage de Birecik. Ils réussirent tout de même à sauver 80% des mosaïques, qui sont aujourd’hui exposées au musée de Gaziantep.

Nous découvrons les magnifiques mosaïques du musée, vraiment très riches et bien conservées. La plupart des mosaïques représentent des scènes de la mythologie gréco-romaine, des scènes de la vie quotidienne ou simplement des motifs géométriques.

 

QUELQUES MOSAIQUES DU MUSEE DE ZEUGMA

Océanos et Thétys

Sur cette mosaïque sont représentées Océanos, dieu des Rivières à l’origine de la vie et Thétys, sa femme. Cette mosaïque tapissait le fond d’un bassin peu profond, que l’on appelle un impluvium. L’impluvium est un bassin rectangulaire peu profond que l’on trouve dans l’atrium des maisons romaines et qui était destiné à récupérer les eaux de pluie. A Zeugma, toutes les maisons des hauts personnages en était pourvues Autour des deux personnages centraux, on peut voir le dieu Eros chevauchant différents poissons et dauphins, symbolisant l’abondance du fleuve.
Sur la tête d’Océanos, on peut voir deux petites pinces, qui font partie de ses attributs les plus courants. Entre Océanos et Thétys se dresse un dragon, une créature mythologique des océans appelée Cetos. Dans le coin en haut à gauche, il s’agit de Pan, gardien des pêcheurs et des bergers

Acratos et Euprocyne

Acratos (qui signifie le « chef, le narrateur ») sert du vin provenant de la divine fontaine à la nymphe Euprocyne (qui signifie « pleine de joie »), allongée sous un arbre. On peut voir leurs deux noms écrits à côté d’eux.
 

            Gaïa, la déesse-mère

Pasiphaé et Dédale

Pasiphaé est l’épouse du  Minos, roi légendaire de Crète. Un jour, Poséidon (ou Neptune chez les Romains) fit sortir des mers un magnifique taureau blanc, que Minos promit de lui sacrifier l’année suivante. Or Minos décida de garder le taureau et en sacrifia un moins beau à Poséidon. Celui-ci, pour se venger, fit tomber Pasiphaé, la femme de Minos, passionnément amoureuse de beau taureau. Pasiphaé demanda alors à Dédale de lui construire une vache en bois qu’ils mirent ensuite dans le pré du beau taureau blanc. Pasiphaé se glissa à l’intérieur de la vache de bois et le taureau blanc s’accoupla avec ce leurre. L’épouse de Minos tomba alors enceinte du taureau et accoucha quelque mois plus tard d’une créature mi-homme mi-taureau, le futur Minotaure. Pour cacher la progéniture honteuse de sa femme,  Minos ordonna à Dédale de construire un labyrinthe à Cnossos d’où il serait impossible de sortir pour y cacher le Minotaure. C’est à partir de cette légende que le nom propre de Dédale est passé dans le vocabulaire de la langue française pour désigner aujourd’hui un labyrinthe ou un enchevêtrement de pièces complexe.
Autour de la scène centrale de la mosaïque, on peut voir le labyrinthe construit par Dédale, qui forme comme un cadre.
 

Statue du dieu Mars

Cette statue trouvée à Zeugma est une représentation unique du dieu Mars. On n’en a pas retrouvé d’autres comme celle-ci.

Achille

Sur cette mosaïque, on peut voir Achille allant au combat (c’est le personnage central à la jambe découverte).

D’où vient l’expression du « talon d’Achille » ?

Lorsqu’il était bébé, la mère d’Achille, Thétis, essaya de lui procurer l’immortalité. Pour cela, elle le plongea tout entier dans le Styx (fleuve des Enfers), sauf le talon, par lequel elle le tenait.  L’eau de ce fleuve avait le pouvoir de rendre tout ce qu’elle touchait invulnérable, Achille devint donc invulnérable, sauf son talon qui n’avait pas trempé dan l’eau magique.  Lors de la Guerre de Troie, Pâris, fils de Priam le roi Troyen, décocha une flèche au niveau du talon d’Achille, seule partie vulnérable de son coprs, ce qui le tua, d’où l’expression du « talon d’Achille » aujourd’hui qui désigne « un point faible pouvant être fatal à une personne, ou à une quelconque entreprise, en dépit d’une grande solidité générale » (définition de Wikipédia).

Zeus en Satyre et Antiope

Zeus tomba amoureux d’Antiope, une princesse. Pour la séduire, il vint la visiter sous forme de satyre (personnage à gauche), qui désigne une créature mythologique pouvant etre dotée de pattes de bouc au niveau des membres inférieurs et même d’une queue de bouc. La jeune Antiope tomba enceinte du dieu.

 

Eros et Psyché

Psyché était une princesse dotée d’une extrême beauté. Malgré cette beauté et le nombre de ses courtisans, elle n’arrivait pas à trouver l’homme qu’elle désirait.  Jalouse de sa beauté, Aphrodite envoya son fils Eros (dieu de l’amour dont le nom a donné le terme « érotisme ») pour jeter un sort aux hommes et faire qu’ils arrêtent d’admirer Psychée mais Eros, à la vue de la princesse, tomba amoureux d’elle. Ses parents, désespérés, demandèrent à un oracle du temple d’Apollon quel homme Psychée devrait elle épouser. Apollon, à la demane d’Eros, répondit qu’elle devrait épouser une horrible bête dont elle ne pourrait jamais voir le visage. C’est ce qu’elle fit, et comme il lui était interdit de voir son visage, elle ne le retrouvait qu’à la nuit tombée. Elle était parfaitement heureuse avec lui, mais ses sœurs la persuadèrent que la bête finirait par la tuer et qu’il fallait qu’elle le tue avant. Une nuit, Psychée se prépara pour tuer son mari mais lorsqu’elle découvrit sa face, elle découvrit le magnifique visage d’Eros. Celui-ci, furieux qu’elle l’ait trahi, lui annonce que plus jamais ils ne pourraient être ensemble. Désespérée, Psychée supplie Aphrodite de la laisser voir Eros et celle-ci lui demande alors d’accomplir trois tâches impossibles. Elle accomplit les deux premières et lors de la troisième, elle doit ramener une boite des Enfers, contenant l’élixir de beauté. Par curiosité, elle ouvre cette boite et tombe alors dans un profond sommeil. Eros, ayant appris l’évènement et inquiet pour sa bien-aimée qu’il aimait toujours demande à Zeux de la sauver, ce que ce dernier fit car touchée par l’amour des deux amants.

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau