17.07.14 

Jour 4

Harran

Nous arrivons à Harran, dernière ville que nous visitons dans cette région désertique d’Anatolie. Harran est une ville bien plus grande que ce que nous avons précédemment visité.

Harran serait l’une des plus anciennes cité de l’humanité encore habitée aujourd’hui.  Cette ville est entourée d’une ancienne forteresse, en partie rénovée, que nous avons pu apercevoir. Elle fut un très important lieu de culte du dieu de la Lune comme Soğmatar et aussi une ville économiquement active car au carrefour des routes  de commerce. 

 



 

On peut voir, sur un plateau un peu en hauteur, les restes d’Harran Ulu Camii (la Grande Mosquée d’Harran littéralement), la plus ancienne mosquée connue de Turquie, construite aux alentours du VIIème siècle. Juste à côté se trouvent les vestiges de la première et plus ancienne medersa de Turquie. La medersa désigne une école coranique où on livrait un enseignement religieux aux enfants et aux jeunes. On aperçoit depuis le sommet une ancienne forteresse en train de tomber en ruines ainsi que les dômes des maisons traditionnelles coniques d’Harran, véritable emblème de la ville. 

Maisons coniques traditionnelles d’Harran

Depuis 150-200 ans, les habitants de cette ville édifient des maisons coniques à l’aide des pierres provenant des sites historiques d’Harran (les remparts, la mosquée, la medersa, ce qui explique en partie pourquoi il ne reste pas grand-chose…).  Le tout est ensuite recouvert d’une sorte de torchis. Ces drôles d’habitations atteignent 5 mètres de hauteur et sont plus vastes qu’il n’y paraît à premier coup d’œil car les différents « cônes » communiquent entre eux.

L’avantage de ces constructions est qu’elles sont de bons isolants thermiques, étant tièdes en hiver et gardant la fraîcheur l’été. 

Lit en hauteur

Ce lit en hauteur est fait pour dormir dehors l’été. Encore aujourd’hui, il est très utilisé par les Turcs habitant cette région. Sur les pieds du lit, on dispose des paraboles retournée pour éviter les scorpions de grimper sur le lit (mais il n’y en n’a pas sur cette photo).

 

 

 

 


La « Râpe à blé »

Quel est ce drôle d’instrument ? Eh bien, c’est une sorte de « râpe à blé » si on peut dire ça comme ça.
Dans les encoches que l’on peut voir sur le bois, il y avait auparavant des lames de silex. On étalait les grains de blé au sol puis on accrochait la « râpe » à un cheval ou autre animal de trait, puis on « labourait » les grains de blé, un peu comme on laboure la terre avec une charrue. On passait et repassait sur ces grains de blé ce qui permettait de séparer le grain de sa peau. Ensuite, on attendait que le vent se lève et dès qu’il y avait du vent, on soulevait le blé avec des pelles et on le jetait en l’air. Le vent permettait ainsi de séparer naturellement la peau du grain, la peau toute légère s’envolant avec le vent.

A l’intérieur des maisons coniques…

 

 

 


 

Voici une série de tenues traditionnelles de femmes. Apparemment, ce serait la couleur violette qui aurait la préférence de celles-ci. Et effectivement, en étant plus attentive après, j’ai pu remarquer que beaucoup de femmes portaient du violet !

Le barattage

Voici sur la photo une baratte, un instrument qui sert à baratter le lait comme son nom l’indique. On verse le lait dans la partie marron en forme d’arc de cercle, on tient le bâton de bois horizontal, une main de chaque côté, puis on secoue de gauche à droite. Après un certain temps (entre 1/2h et 2h !), on obtient du beurre.
 

Métier à filer

On faisait passer la laine dans les petites dents fines pour la filer puis ensuite fabriquer des tapis.

 

 


 

Les Bals-Bals

Les Bals-Bals sont des ornements que l’on disposait sur les tombes des guerriers. Chaque perle représente un ennemi tué. Plus il y avait de perles (qui sont en fait des pois-chiche séchés), plus le guerrier avait tué d’homme ! Ces ornements étaient ainsi synonymes de vertu et de courage.

En sortant, nous pouvons voir les « vraies » maisons traditionnelles coniques. Certaines familles habitent encore dans ces maisons coniques.

Après toutes ces belles excursions dans les plaines désertiques d’Anatolie, nous décidons de rentrer à Urfa. Bientôt, il n’y a plus de route mais simplement un chemin caillouteux aplani, prêt à être goudronné mais pas encore fait ! Le gouvernement a une drôle de technique pour refaire les routes. En effet, s’il n’y a plus vraiment de route aujourd’hui, il y en avait il n’y a pas longtemps. Mais comme elle était en mauvais état, le gouvernement a décidé de la rénover ou plutôt de la refaire entièrement  et pour cela, ils ont tout simplement détruit l’ancienne route pour en refaire une nouvelle ! Ce n’est pas comme en France où, lorsque l’on refait une route, on laisse une partie goudronnée et où l’on peut circuler facilement… Ici, c’est soit la très belle route toute neuve, soit le chemin de terre ou de cailloux attendant d’être goudronné ! Et c’est vrai partout en Turquie car nous avons expérimenté plus tard de nombreuses fois ce genre de travaux !

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau