19.07.14 

Jour 6

Battalgazi 

Nous retournons vers Malatya et allons visiter Battalgazi, ancienne ville de Malatya. On y trouve quelques vestiges

La nom de la ville fait référence à un héros national, Battal Gazi, célèbre pour ses exploits guerriers et les nombreuses batailles qu’il a remportées. On ne sait pas s’il a vraiment existé ou pas, peut-être un peu des deux, c’est-à-dire que le personnage a sûrement existé mais on a beaucoup enjolivé et rajouté à ses exploits, le transformant ainsi en un mythe national.

 

 

 

 

Nous passons d’abord devant une ancienne medersa, c’est-à-dire une école religieuse où l’on enseignait les principes de l’islam et les sourates coraniques. Elle fut édifiée au 14ème siècle par un sultan mamelouk mais il ne reste aujourd’hui vraiment plus grand-chose.

 

 


 

A côté se trouve l’Ulu Camii, une mosquée du XIIIème siècle, époque des Seldjoukides, en bien meilleur état que la medersa grâce aux gros travaux de restauration qu’elle a subie. On doit cet édifice au sultan mamelouk Aladan Keykubad Ier. Cette mosquée possède une architecture unique en Turquie, appelé le « plan quatre-iwan », inspiré des traditions iraniennes. Un iwan est un espace rectangulaire au plafond voûté, muré sur trois côtés et complètement ouvert sur le 4ème

A l’intérieur de la mosquée et sur la porte d’entrée, il reste aussi de jolies mosaïques bleues. 

 

 

 

 

 

Comment les Turcs sont-ils devenus musulmans ?

Au départ, les Turcs étaient un peuple d’Anatolie aux croyances chamanistes et animistes, basées sur l’existence d’esprits et dieux de la nature. Ce sont les Omeyyades, peuple d’origine arabe, qui ont apporté la religion islamique en Turquie. Entre Turcs et Omeyyades, il y eu de nombreuses batailles mais les Omeyyades parvinrent tout de même à imposer leur religion. Cela a été difficiles pour plusieurs raisons : d’abord, les Turcs avaient d’autres croyances et c’est toujours difficile d’abandonner ses propres traditions pour adopter celles d’un autre. Ensuite, il était quasiment impossible pour les Turcs de respecter les cinq piliers de l’islam. En effet, faire la prière 5 fois par jour était difficile puisque les Turcs étaient alors un peuple nomade, qui gardaient les troupeaux toute la journée et habitaient en yourte, ils ne pouvaient donc pas vraiment savoir les heures de prières, etc. Pour la même raison, à savoir qu’ils étaient nt un peuple nomade et passaient leur journée à travailler dehors, le Ramadan n’était pas envisageable. Le pèlerinage à la Mecque était lui carrément impossible car depuis la Turquie, il fallait 5-6 mois à dos de chameaux pour atteindre La Mecque ! 

Malgré tout, les Turcs devinrent officiellement musulmans au XIème siècle. Dans les témoignages historiques, il est marqué que les Turcs sont devenus musulmans « de leur plein gré, bénévolement » mais comme dit Kadir, « de leur plein gré mais sous la menace de l’épée ! ».

Jusqu’à assez récemment, se trouvait dans Ulu Camii de magnifiques tapis du XVII-XVIIIème siècle tissés à la main mais qui, au vu de leur valeur, ont été transportés dans un musée pour éviter le vol et aussi l’usure.

D’où viennent ces tapis ?

A l’époque, lorsque quelqu’un un homme musulman mourrait, son corps était exposé quelques temps sur une table de pierre que l’on trouve près de chaque mosquée, pour que les proches viennent se recueillir sur le cadavre du défunt et pour que l’imam fasse les dernières bénédictions.  Le corps n’était pas exposé crûment mais enroulé dans un linceul blanc (ce qui se pratique encore aujourd’hui), ce linceul lui-même tant enroulé dans un beau tapis (selon les moyens de la famille). A la fin de cette sorte « d’exposition » du corps, la famille faisait don du tapis à la mosquée. Ensuite, le défunt était escorté par la famille et les proches jusqu’au cimetière où il était enterré à même la terre, toujours recouvert du linceul blanc mais plus du tapis.  Voilà comment ces beaux tapis se sont retrouvés à Ulu Camii, sûrement donnés par de riches familles lors de la mort de leurs proches.

Mais alors, pourquoi enroulait-on les morts dans des tapis ?

Ce rite qui consiste à enrouler un tapis autour du défunt est hérité d’une tradition chamanique bien plus ancienne. Comme je l’ai déjà dit, les Turcs étaient un peuple aux croyances chamaniques aux départs, vénérant esprits et divinités de la nature. Ces peuples enterraient leurs morts dans la terre, leurs corps enveloppés d’un tapis de laine de mouton.  Pourquoi ?  On croyait à la réincarnation des morts et le tapis avait pour rôle de protéger le corps, car l’odeur de la laine de mouton éloignerait les scorpions et autres bêtes.

En face de l’Ulu Cami s’élève l’Ak Minare Camii, autrement dit « la Mosquée au Minaret Blanc », datant de la même période, le XIIIème siècle.

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