22.07.14 

Jour 9

La Cité Souterraine de Derinkuyu 

Ce matin, nous commençons par la visite d’une ville souterraine, Derinkuyu, qui signifie « Puits profond ». Ce n’est pas la seule de Cappadoce, il y en a plus d’une centaine qui ont été découvertes à ce jour. 


 

 

Les premières allusions à la construction de cités souterraines remontent au Vème siècle avant J-C.  Elles ont surement été creusées par des peuplades troglodytes, qui vivaient en forme de clan. La cité de Derinkuyu compte 13 étages souterrains et abritaient environ 600 personnes qui y vivaient de façon permanente (en sortant bien sûr pour aller chercher à manger et à boire mais pas très souvent, les habitants souterrains constituaient de gros stocks de vivres). L’espérance de vie était peu élevée, entre 33 et 34 ans, notamment à cause de l’humidité de l’air et de cette vie souterraine mauvaise pour les bronches. Mais alors, pourquoi ces peuplades s’enterraient-elles ainsi dans les profondeurs de la Terre ? C’était au départ pour éviter les fauves qui peuplaient l’Anatolie mais aussi pour la bonne isolation thermique qu’offraient ces souterrains : il y faisait frais en été et (relativement) chaud en hiver.
Ces villes souterraines ont été plus tard investies par les chrétiens qui fuyaient les persécutions. En faisant d’importantes provisions, ils pouvaient s’enterraient plusieurs mois si besoin était, comme par exemple lors de campagnes militaires ou simplement de campagnes dirigées spécifiquement contre les chrétiens.

Nous commençons à descendre par les étroites galeries et arrivons au premier niveau où se trouvait la cuisine.  Chaque étage avait une fonction : le premier était dédié à la cuisine et au petit bétail, le second aux habitations des combattants et aux jeunes, le troisième aux hommes matures, le quatrième aux personnes âgées, le cinquième aux femmes, le sixième aux enfants, etc… jusqu’au dixième étage. A l’étage le plus profond, se trouvait les toilettes. Les troglodytes ne nettoyaient pas leurs toilettes mais laissaient simplement la terre « aspirer » les déchets. 

 

 

 

Lors de la construction de ces villes souterraines, on aurait pu croire que connaissant la grande friabilité des roches de la Cappadoce, tout aurait fini par s’effondrer. Mais en fait, lors du creusement des galeries, de l’humidité pénétrait dans la roche et c’est cette humidité qui a permis de solidifier les roches pourtant très friables au départ.

On trouve un peu partout des sortes d’encoches qui servaient à abriter des chandelles. Ces chandelles étaient fabriquées avec du coton que l’on trempait dans de l’huile.

On peut aussi voir des petites coupoles taillées dans le sol, qui servaient de réserves d’eau. 

D’autres trous circulaires permettaient de conserver des céréales sèches comme du boulgour, du riz,…

Nous nous faufilons à travers les galeries où il est difficile de circuler. Elles sont étroites (on ne passe pas à deux personnes) et très basses (on est toujours obligés de marcher à moitié courbés à chaque fois que l’on passe dans un boyau). 

A chaque escalier qui permet de passer d’un étage à un autre, il y avait un système de fermeture : on pouvait faire coulisser une grosse meule de pierre qui, ainsi, bloquait toute entrée ennemie, que ce soit des hommes ou des fauves.
En plus de ce système de fermeture performant, l’exiguïté des galeries de la cité était voulue par les troglodytes car cela empêchait, ou du moins, entravait fortement, les invasions ennemies : les guerriers étrangers, même les plus expérimentés, n’auraient pu se battre là-dedans ! Et puis, d’autre part, il faut s’imaginer que la taille moyenne des peuplades troglodytes était bien inférieure à la nôtre, ce qui leur permettait de circuler plus facilement. Ce genre de cité était donc quasi-imprenable et on comprend mieux pourquoi les chrétiens ont ensuite décidé de s’y établir !

Porte coulissante contre les ennemis (hommes et fauves)

 

 

 

Les étages inférieurs où nous nous rendons sont majoritairement constitués de chambres (photo ci-contre). 

Dans les chambres, on dormait à même le sol, sur des nattes faites de fibres végétales.

Il est très difficile de se repérer dans cette cité souterraine, les étages sont imbriquées les uns dans les autres et on a du mal à savoir à quel niveau on se trouve !

Parmi les habitats troglodytes, on trouve des traces évidentes de l’occupation chrétienne comme cette chapelle à trois nefs :

Pour aérer leur cité souterraine, les troglodytes avaient construit des cheminées qui traversaient toute la cité, du premier au dernier étage. Les sorties de cheminée était camouflées parmi les roches pour éviter d’être repérées par les ennemis. 

Cheminée d'aération  vue de l'extérieur

Cheminée d'aération vue de l'intérieur de la cité souterraine

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